Derrière la gare

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Arno Camenisch

Derrière la gare

Prix du canton de Berne 2011 (réédition et traduction revue avec la traductrice)

«Je veux raconter comme on respire.» […] S’il y a un rythme vif et allègre dans les brefs romans de Camenisch, il est sous-tendu par une mélancolie discrète, un sentiment de perte, jusque dans l’amour.

Isabelle Rüf Le Temps

«La grand-mère est debout toute nue devant moi. Elle sursaute en me voyant. Elle fait les grands yeux. Elle a la bouche ouverte. Ses fausses dents ne sont pas dans sa bouche. Je sursaute moi aussi. Mais je ne tourne pas la tête. Je ne peux pas tourner la tête. Ma nuque est en bois. Je n’ai encore jamais vu ma Nona toute nue. Elle est tellement différente comme ça. Elle dit oha et elle retourne en boitant dans la salle de bain.
La vie d’un village cerné par les montagnes. Un enfant espiègle observe les adultes et, sans détour, dit le réel avec insouciance. Vif et concret, touchant et drôle, profond : Arno Camenisch donne à entendre la musique singulière de sa langue qui raconte la disparition d’un monde. Une Helvétie hors norme que le temps va engloutir. C’est Zazie dans les Grisons et c’est pas triste !

C’est un inventaire avant liquidation, comme si ses romans cherchaient à préserver un peu de ce qui disparaît, à sauvegarder une identité collective en péril. «J’écris sur ce qui fait de nous des humains.»

Thierry Raboud La Liberté

La chronique haute en couleur d’une bourgade à la périphérie de toute modernité, aussi éloignée des clichés régionalistes que du chef-lieu de canton.

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Arno Camenisch Arno Camenisch

Arno Camenisch

Arno Camenisch est né en 1978 à Tavanasa, dans les Grisons. Il écrit de la poésie, de la prose et pour la scène, principalement en allemand, parfois dans sa la...

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Une succession de tableaux attendrissants ou hilarants, tendres ou cruels, des pages qui vous chopent à l’âme.

Jacques Lindecker L'Alsace

L’humour reste la force principale de ce récit de l’infra-ordinaire, de sa mauvaise foi et de sa culpabilité si bien mise en lumière par ce gamin remuant.

Marc Verlynde La Viduité

Un texte qui se joue des registres de langue. Où l’enfant subtil et observateur prend la main du lecteur pour une aventure intemporelle et pourtant bien rare. Très beau texte.

Céline Rothlisberger Librairie Goulard, Aix-en-Provence

La saveur de ce texte passe par une écriture qui travaille la langue, le parler local et sa verdeur rustique pour en restituer la saveur pittoresque et la musicalité.

En une suite de chroniques, Camenisch régale le lecteur de ses observations fraîches et drôles sur la vie d’un hameau grison, à l’opposé d’une Suisse archétypale sanglée dans sa beauté luxueuse et lisse.

Ghania Adamo swissinfo.ch

Un récit fin, drôle et émouvant de simplicité. Foin de péripéties romanesques invraisemblables, la vie y pourvoit quand ce n’est pas la fourberie du narrateur et de son frère.

Mathieu Fournier La Liberté (Suisse)

Le récit prend l’allure d’un petit théâtre, découpé en scène très courtes, où l’on apprend à vivre ensemble, comme si tout le monde faisait partie de la même famille […] Encore une fois, le travail de traduction de Camille Luscher est excellent.

Ici l’invention est reine […] le tout forme en français un texte étonnant, qui restitue la musique et le sens de l’original tout en laissant deviner en filigrane les étymologies et les emprunts d’une langue à l’autre. Ce ton inédit, souvent drôle et poétique par ses saisissants décalages et ses réjouissantes inventions, n’empêche jamais la fluidité de la lecture.

Anne Pitteloup Le Courrier

Avec peu, Arno Camenisch fait beaucoup, aidé par une traductrice qui rend brillamment en français une langue riche et savoureuse, faisant naître l’émotion à partir de notations qui n’ont l’air de rien, de mots-valises, de descriptions sèches et comme cliniques. Camenisch écrit sec et dru. Il s’exprime par écrit en allemand et en sursilvan, variante minoritaire parmi la minorité romanche de Suisse. Quand il parle en français, c’est avec un drôle d’accent rocailleux où passent les torrents de son pays. Un auteur à lire et à écouter, notamment lors de lectures publiques.

Paul Gascimeri

Quelle fraîcheur et quelle fantaisie ! Quelle écriture inventive !