Un éloignement

Lire un
extrait
Frédéric Fiolof

Un éloignement

L’histoire d’une vie minuscule jetée dans un monde kafkaïen qui la condamne à la relégation.

Observer sans se dédouaner, raconter sans conclure, nommer sans accuser. Un éloignement est le récit précis d’un lien fragile, interrompu, repris dans l’incertitude ; et dans cette précision qui refuse le surplomb, une façon de rendre compte de ce que nous faisons, collectivement, des personnes que nous préférons ne plus voir.

Dominique Marty Mare Nostrum

Son visage appartient à ces visages dont personne ne garde la trace. Ou plutôt que seule l’administration enregistre, ici ou là, sous une forme minimale et formatée.
Un visage sans histoire.
Sans récit.

Une plume toujours agile et précise qui s’attache à cerner le réel, rien que le réel, mais le réel au plus juste […] Si ce portrait d’un sans-papiers a quelque chose d’universel, c’est sans abstraction ni froideur, mais par la soigneuse accumulation de détails. Dans ce patient relevé, dans ses carences, se manifestent la présence et le lien à l’autre par ce qu’ils ont de plus infime et essentiel, tissés par touches simples et discrètes.

Frédéric Fiolof expose la violence faite au corps parlant de Rachid, la perte de l’accès à sa langue, son deuil intérieur, invisible, le mutisme et la solitude qui en découlent. Il explore à la fois la vulnérabilité absolue, mais aussi la force du survivant, pour qui le mutisme peut servir de semblant d’armure.

Sabine Huynh Presque dire
Lire un extrait Partager
Frédéric Fiolof Frédéric Fiolof

Frédéric Fiolof

Frédéric Fiolof est né à Aubervilliers en 1966.  Il a travaillé une quinzaine d’années en Afrique et en Roumanie et vit aujourd’hui à Bobigny. Grand lecteur, il a publié ...

Lire plus

L’exercice de l’auteur est méthodique, s’immisçant au plus profond du rouage bureaucratique français. Un éloignement peut être rapproché de la trilogie documentaire Des îles de Marie Cosnay pour l’aspect touchant au chemin de croix administratif. Entre récit de vie, roman à peine amorcé et documentaire social, il ravive les questions légitimes sur le droit français.

Warren Bismuth Des livres rances

Concret, précis et documenté […] C’est le portrait d’un homme en errance que Frédéric Fiolof dessine par petites touches […] embarqué dans les imbroglios et les contradictions d’une politique migratoire qui ne peut que le reléguer encore un peu plus.

Jacques Josse remue.net

Ce bref et incisif roman donne un visage à ceux que notre contemporain nous apprend à ne pas prendre en considération. Sans jugement aucun, il en écoute les souffrances, les apathies et réticences – notre humanité selon la formule attendue.

Le lecteur en apprend beaucoup de cette mécanique administrative qui règle le flux des immigrés sur territoire. Elle a sa cohérence sans affects, frôlant l’absurde. Mais le roman est ailleurs : dans le portrait de protagonistes confrontés aux limites de leurs efforts. Peut-on aider quelqu’un malgré lui ?

Avec le souci de l’attention à nos décors et à nos passants, Frédéric Fiolof décrit des urbanismes et des mécanismes de manière à la fois objective et intime, parce que c’est son regard singulier qu’il pose sur eux. Son regard que traduisent une fantaisie aussi courageuse que désabusée, une poésie discrète, le filigrane de hauteur qui évite de désespérer. Son regard, mais on pourrait dire aussi son cœur, sur la main tendue.

Eloïse Lièvre, autrice

Sans jamais recourir à une rhétorique idéologique, la grande force de ce récit est de décrire factuellement la machinerie administrative et comment celle-ci contribue à éloigner un homme de sa propre existence.

Un Éloignement est un livre bouleversant qui montre la violence institutionnelle infligée à ces hommes qui ont tout perdu.

Eric Bonnargent, auteur

C’est une manière très douce de s’approcher et de redonner un peu d’existence, esquisse de portrait et mains tendus, tout est concentré et fragile. L’étonnement pudique, la constance cimente quelque chose.