Sept jours pour créer le monde. Sept jours pour le défaire. Chez les Dallols, sept jours pour transporter le corps des morts au lac sacré, là où les rituels ont lieu.
Tirant la dépouille de sa grand-mère sur un traîneau, Sam se met donc en route, mais très vite la situation lui échappe. Un grand incendie a réduit la forêt en cendres. Le voyage de deuil prend alors des accents initiatiques, en la confrontant, lors de son errance, à sa solitude et à ceux qui restent.
« Je me suis demandé pourquoi je n’avais pas eu la force de refuser, de fuir, d’oublier qu’il y avait là, tissé dans l’étoffe, surgissant de la soie, ton corps vidé de son air. »
Valérie Cibot cisèle un texte à la beauté singulière et métaphorique, aux confins du vivant, du sacré. Un voyage initiatique comme une coulée de lave dans un tapis de verdure où l’écriture chemine lentement, creuse, sonde et tisse ce qui nous relie au monde dans une langue poreuse et tellurique, où les sensations, les traces affleurent et flottent au plus près du vide, sur un fil tendu de poésie. Une infusion lente où l’intime et le politique s’entrelacent comme une bulle d’air pleine de questions qui remonte à la surface.
Son ciel de cendres est une splendeur, lente et – en même temps – tendue par un suspens terrifiant, une friction entre la modernité incarnée par Sam et une tradition qui – si elle paraît dépassée – est sans doute l’ultime chose qui ne soit pas encore gommée par l’effondrement en train de se produire. C’est très beau, c’est poétique, c’est incarné, c’est intime et politique en même temps. C’est un très grand livre.