Plus vivant que la vie

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Anna Dubosc

Plus vivant que la vie

Sélection Grand Prix SGDL de la Fiction 2024.

D’une succession de fragments jaillit ainsi le livre. De bout en bout traversé par une émotion intense. La tentative, non pas de faire son deuil, jamais on n’y arrive, mais de retenir la mère et lui redonner corps, gouverne cette écriture sans recherche d’effets. Ainsi peut se lire le titre de ce livre qui s’était ouvert sur une citation, à première vue énigmatique, de Jorge Luis Borgès : « Ce que nous perdons le temps ne le refait pas, l’éternité le garde pour la gloire et aussi pour le feu. » Une invite à la réflexion en même temps qu’à la lecture de ce très remarquable Plus vivant que la vie.

Pendant des mois, je ne me relis pas, j’essaie juste d’avancer, de tenir. Quand je commence à accumuler un peu de matière, je me mets à flipper de perdre ces notes sans me décider à les transférer dans l’ordinateur. Ce serait comme me rendre à la mort de Koumiko ou la tuer pour de bon, alors qu’elle est encore un peu présente dans la matérialité des carnets, de mon écriture à la main et, bizarrement aussi, dans le risque de perdre ces notes. Il faut pouvoir les perdre, c’est pour ça qu’elles existent.

Dans ce récit, Anna Dubosc revient sur la mort de sa mère pour donner corps à sa disparition. Comme dans ses textes précédents, il en va de l’écriture face à l’existence en tant qu’expérience organique, tentative d’amplification du temps et de l’espace.

Ce livre est une bataille, une lutte contre l’inadmissible […] Toutes les métamorphoses du réel que la mort impose sont là, comme dans un récit antique, car la beauté de ce texte tient aussi à cela, comment il nous relie à l’immense aventure commune de perdre les aimé.e.s.

Jane Sautière, autrice chez Verticales

Un livre fort, vif et vrai, sur le deuil, sur ce qui nous traverse et sur l’acte d’écrire, tout écrire, pour ne pas perdre pour de bon ce qu’on a commencé à perdre, écrire pour rester vivant, écrire pour rester plus vivant que la vie…

Pierre Barrault Librairie Durance, Nantes
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Anna Dubosc Anna Dubosc

Anna Dubosc

Anna Dubosc a publié dans diverses revues (Addict-culture, Jalouse, Purple, Purple journal, Citizen K, Libération style, Something) et créé avec Stéphane Argillet le fanzine Ce soir (quato...

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L’acte d’écrire, de poser des mots justes sur ce qui la fait être intensément vivante, à l’écoute des autres, est questionné tout au long du roman. Anna Dubosc y répond de façon imparable, avec son « parler vrai », l’incroyable dynamisme de son écriture et son envie irrépressible d’être toujours, y compris quand elle revoit des scènes antérieures, du côté de la vie. Elle mord dedans. Et c’est tonique et bouleversant.

Jacques Josse remue.net

C’est un texte sur le deuil, vécu par l’actrice à la mort de sa mère. Il est écrit sous forme de fragments sensibles, drôles, parfois triviaux. A la lecture de ce texte, on touche du doigt ce paradoxe déroutant : traverser un deuil, c’est faire l’expérience d’être vivant. Et la vie, c’est sensible, drôle et trivial. Parfois, la littérature permet d’aborder des vérités criantes, avec délicatesse. C’est le cas ici.

Julie B. Bibliothèque Vaclav Havel

Un livre féroce, qui nous attrape dans le corps, nous fait revivre d’inévitables sensations, et même ces trous, ces moments anesthésiés, où l’on se fuit. C’est lucide, organique, tendre et fragile, mais aussi violent et opaque. c’est de l’ortie au bout des doigts.

Audrey Neveu Les 2 Georges, Bondy

L’émotion est là, surgit au détour d’une phrase, d’un fragment. Sans insistance ni commentaire. Se souvenir, se taire — écrire. Une belle évocation d’un voyage au Japon, le retour aux origines qui se fait comme un manquement, un effleurement.

Koumiko pour toujours. Anna Dubosc raconte la mort de sa mère et rend hommage à cette Japonaise créative et excentrique qui lui transmit le goût de la vie et des mots.

Sean Rose Livres Hebdo

Un texte à couper le souffle ! Une coulée intime, qui nous étreint, nous bouscule, nous happe, nous enivre, nous subjugue et nous habite longtemps encore après sa lecture.

Valérie Schopp L'arbre à mots

La fantaisie, l’angoisse, la panique ou l’humour se succèdent dans le récit ; ce qui fait que, comme d’habitude, Anna Dubosc réussit à nous embarquer et nous tenir en haleine jusqu’au bout.

Au cœur de ce récit intime qui peut le paraître trop si on ne voit son universalité, la question de la littérature est posée : à quoi sert d’écrire sinon pour sauvegarder l’essentiel, pour que le temps perdu ne le soit pas ?