« C’est par le pain partagé que nous nous sommes attachés à vous. C’est biblique, oui. Une bible des temps modernes qu’on n’évoque pas sans un rire bref, parce que c’est une chose bien dangereuse que le sacré et que, comme tous, nous le redoutons. Aux gens qui nous insultent parce que nous vous nourrissons, comme si vous étiez des pigeons, avec les mêmes reproches (la crasse, les maladies), il faudrait brandir le sacré du pain comme on agite l’ail au nez du vampire. »
Un texte intime et universel contre le traitement inhumain des immigrés dans son style littéraire, poétique et bouleversant. Par son expérience à leurs côtés, dans Paris, par les luttes communes et le pain partagé, Jane Sautière redonne à toutes ces personnes leur statut d’être humain dans un monde qui essaye, de plus en plus, de les effacer. Elle fait résonner Primo Levi, invite à l’indignation, à l’action, à un retour à notre humanité, dans un texte d’une beauté et d’une puissance rares où désespoir et lumière dansent sous les ponts main dans la main.
C’est un petit livre sur la force du collectif, sur la désobéissance civile lorsque la loi est injuste, sur la violence subie, sur des mains tendues […] En s’adossant à Primo Levi, en questionnant la notion de l’étranger et le droit du sol, Jane Sautière écrit un immense livre sur ce que cela fait d’être humains tous ensemble. Alors qu’une partie de la classe politique ne parle que de répression et de fermeture, alors qu’un faux espoir relayé par internet vient de provoquer au moins 72 morts à Ceuta, ce livre ouvre, en grand, nos bras réunis pour commettre un acte politique révolutionnaire : accueillir.