Ordure

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Eugene Marten

Ordure

Préface de Brian Evenson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Stéphane Vanderhaeghe. 

Ordure est le portrait sans concession ni commentaire d’un homme sans qualités ni avenir, à l’existence froide comme un cadavre […] Plus expérimental que Bret Easton Ellis, l’auteur d’American Psycho, Marten va beaucoup plus loin dans la représentation de la violence. Il va là où personne ne va, sans crainte de choquer. La transgression est maximale.

Camille Laurens Le Monde des livres

Sloper commence sa journée de travail au moment où s’arrêtent les faiseurs de richesses et redresseurs de torts. Agent d’entretien dans un immeuble, il passe d’étage en étage en poussant son chariot. Il aspire, vide les poubelles, récupère ce qu’il peut. Ni vu ni connu. Avant de rentrer chez sa mère, où il vit à la cave, épiant ses voisines par la fenêtre.
Personnage sans histoire, sans ambition ni qualité, Sloper pourrait continuer à dilapider ainsi son temps dans l’indifférence la plus totale. Or un soir, sa routine est brutalement interrompue par une macabre découverte…
Bijou de noirceur, Ordure offre le portrait sans concession ni jugement d’un personnage trouble, logé dans l’angle mort de la conscience américaine.

Le diagnostic établi par Eugene Marten est radical, implacable, diagnostic qui, tel un miroir, telle une lumière brusquement allumée, fait voir ce qui dans ce système néolibéral n’est pas vu, encore moins dit : l’humanité y est niée, les êtres humains n’y existent qu’en tant qu’organismes fonctionnels, les individus n’y sont que des restes, des déchets, de la merde, littéralement.

Jean-Philippe Cazier Diacritik

Qu’est-ce qui fascine dans le roman d’Eugene Marten ? Son dépouillement, son art de l’ellipse, du non-dit, du coup d’œil furtif […] Ordure montre, décrit, dissèque. Orrdure tire le rideau qui cache ceux que l’on ne voit pas d’ordinaire ou, plutôt, qu’on ne veut pas voir. Et il vous laisse là, sans rien dire, à contempler tout ça, à en faire votre propre récit, votre propre idée.

Nicolas Winter Just a word
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Eugene Marten Eugene Marten

Eugene Marten

Eugene Marten est né en 1959 à Winnipeg, Manitoba. Il vit à Cleveland, Ohio. Il est l’auteur des romans In the Blind (Turtle Press, 2003), Waste (Ellipsis Press, 2008), Firework (Tyrant Books, 2010/2018), Lay...

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C’est peut être dans cette expérience de la marge imposée que se trouve le seul message politique audible: évoluer dans un système néolibéral, c’est faire partie d’un monde où l’humanité est niée, où la moindre trace possible du passage de l’homme est les restes, les déchets qu’il laisse derrière lui. Et quel meilleur moyen pour faire cette expérience du vide qu’une mise à mal par la narration des procédures d’interprétation, d’un point de vue qui force le lecteur à subir la surenchère dans l’immondice?

Arthur Bitaud Zone critique

D’une lecture saisissante, troublante, inconfortable. Un héros de roman d’une espèce singulière, absolument solitaire, qui ne touche personne, ne parle à personne et dont l’existence est d’une froideur implacable, mais dont on accompagne, presque malgré soi, la descente aux enfers ou au vide-ordure […] D’une écriture unique, minimaliste, en un équilibre précaire savamment maintenu entre les extrêmes.

Margot Bonvallet Cultures sauvages

Un texte de nature à nous sortir de la torpeur habituelle des rentrées littéraires, répétées et ennuyeuses […] Le livre donne à voir les sous-sols d’une psyché, un destin singulier dont la valeur est proportionnelle à l’absence de projet collectif. Il n’est jamais horrible, ce livre, tout juste insoutenable par moment. Distille son malaise, interpelle forcément.

Olivier Hervé L'Espadon

Sloper est un homme imprévisible et hors-sol. Ce qu’il trouve lui appartient. Et le portrait qu’en fait Eugene Marten […] est implacable. Le lecteur, happé par l’écriture elliptique de l’écrivain et par la distance qu’il maintient constamment vis-à-vis de son personnage, est pris dans un engrenage glaçant, tout au long, et jusqu’au bout, d’une fiction déstabilisante.

Jacques Josse Remue.net

Pas de psychologie ici, mais un assemblage de fragments qui délimitent peu à peu la vie de Sloper, l’un de ces invisibles travaillant dans l’ombre du business, à peine une ombre au coin de l’œil. Il est à la fois beau et terrifiant ce livre (dans la manière dont Sloper n’échappe pas à son histoire familiale, dans la façon dont Marten parvient à dire beaucoup avec une économie radicale de moyens).

Eric Pessan, écrivain

L’écriture de Marten est un achoppement permanent, une succession d’entailles, de coups de tonnerre expressionnistes où se télescopent les points de vue, les matières, l’usage des temps parfois discordants, où l’ellipse récurrente effrite le regard, laisse entendre ce qui vit sous la surface des événements. En résulte un beau et grand texte.

Andeas Lemaire Librairie Myriagone, Angers

On contemple l’innommable. Un monstre se révèle sous nos yeux et aucune direction ne nous est donnée. Doit-on détourner le regard ? Désapprouver ? Pourquoi sommes-nous si fascinés ? Une œuvre décontenançante et originale.

Brother Jo Nyctalopes

C’est sans concession, c’est radical. Ce bouquin est un immanquable et marque déjà l’année 2022 comme grand titre.

Michel Dufranne Sous Couverture - RTBF

Ordure devient fascinant dans la peinture de l’horreur qui s’ignore, portée par un style qui prend à la gorge […] Mais surtout le sentiment d’une expérience des limites.

Étienne Leterrier-Grimal Le Matricule des anges

Sloper, employé modèle, finit par franchir la limite qui sépare l’humain du déchet […] La fluidité de la narration introduit des disjonctions qui laissent le lecteur face à l’énigme de ce personnage inquiétant, si semblable à nous.

Alain Nicolas L'Humanité

A travers l’histoire d’un homme de ménage, l’auteur fait une démonstration de minimalisme dans l’écriture où les non-dits sont effrayants. Livre culte ? Livre culte !

Pierre Faverolle Black Novel 1

Eugene Marten pose un regard clinique imperturbable sur la grande machine déshumanisante de l’économie-monde d’aujourd’hui. C’est la première force de ce roman.

Roman d’une descente aux enfers et de la solitude ou quand la société déshumanise à l’extrême ceux qui la servent par son indifférence. Sombre, envoûtant, poisseux.

Alexis Le Divan, Paris

C’est un livre répugnant, sale, immoral, mais c’est aussi le portrait d’une solitude pathétique et touchante, l’image brute d’un invisible qui cherche sa place, et un peu d’amour.

Grégoire Courtois Librairie Obliques, Auxerre

Sordide, parfois nauséabond, nous voilà plongés dans un état inconfortable, troublés par une question : pourquoi suis-je si touché par ce personnage obscène ? pourquoi ne puis-je pas m’arrêter de tourner les pages ?

Aurélie Garreau Le Monte-en-l'air

Un livre-expérience […] Marten utilise un langage acerbe, lapidaire, froid, manie un souci du détail ainsi qu’un art de l’oblique, du minimalisme, qui relève du virtuose […] Ce portrait sans concession d’un homme sans qualité est un petit chef d’œuvre de la littérature underground.

Poupi se livre

Plongée perturbante dans la psyché d’un paumé solitaire…Mieux que personne, Eugene Marten maîtrise l’art de l’ellipse, du contre-point afin de donner à entendre le déni de réalité qui tient lieu de rapport au monde à son protagoniste.

Marc Verlynde La Viduité

Ordure se distingue par son approche interstitielle et économe de l’horreur dans le déchet – et pas uniquement de l’horreur économique –, ce qui ne pouvait en effet que séduire le grand Brian Evenson, auteur ici d’une superbe préface.

Avec ce court roman à la froideur clinique et à la violence sourde, Eugene Marten plante un couteau dans le dos de l’Amérique des buildings à grands renforts d’ellipses et de silences plus glaçants que la mort elle-même. Perturbant mais fascinant.

Pierre Fnac Saint-Lazare

C’est glaçant, effroyable, dérangeant […] Si vous avez vu Lune froide de Patrick Bouchitey d’après la nouvelle de Bukowski, vous êtes dans le même registre […] Une expérience de lecture qui va vous laisser sur le carreau. Un récit ultra noir, quasi clinique, qu’on n’est pas prêt d’oublier.

L'Armitière, Rouen

Une succession de «tableaux» tout à fait sensationnels, un roman d’ambiances, atmosphérique en diable, formellement fou. Les ordures de ce bas monde sont à trouver ailleurs, et l’économie de la langue les rend monstrueusement cruelles.

Lucie Eple Le Pied à terre, Paris

Le style est dépouillé pour ne saisir que la noirceur de l’existence insignifiante de Sloper. Une expérience déroutante et fascinante à la fois, quelque part entre Palahniuk et Bret Easton Ellis !

Quartier latin, Saint-Etienne

Une vison ultime de notre humanité contemporaine. Un texte qui glace la moelle et rend merveilleux l’inavouable noir. Un grand livre, un immense livre, qui germe en soi.

Fabien Bernier Librairie Decitre, Grenoble

Un petit bijou de noirceur tout à la fois génial et horrible ! Une expérience littéraire singulière.

Ce tas d’ordures que constitue l’humain […] Un texte percutant, extrêmement fort dans sa neutralité bouleversante.

Nikola Delescluse Paludes

Très percutant, c’est pourquoi, on ne peut le bannir de notre bibliothèque ou dire qu’il n’a pas compté parmi nos lectures. A la fois glauque et déconcertant malgré sa brièveté, ce roman vous hantera pour un bon bout de temps.

Le livre CHOC de cette rentrée de janvier […] Quand les interstices laissent entrevoir une véritable descente aux enfers.

Antiope librairie-café, Annecy

Eugene Marten, dur «Ordure»

Mathieu Lindon Libération

Coup de cœur de début d’année, un livre qui restera.

La Bicyclette bleue, Paris

Court roman poético-trash pour lecteur averti !

Hugues Bodart Filigranes, Bruxelles

En voici un qui va marquer l’histoire.

Gordon Lish

Rien n’égale la brûlure contrôlée qu’inflige l’écriture de Eugene Marten. Ordure est une fiction qui enivre autant qu’elle désarçonne.

Sam Lipsyte

Seul Eugene Marten est capable de captiver les lecteurs avec les plus infimes détails de l’existence d’un agent d’entretien. À partir d’un sujet des plus inattendus, Marten a construit une œuvre envoûtante, Ordure est un petit chef-d’œuvre.

Brian Evenson

Je lirai n’importe quoi de la main de Eugene Marten jusqu’à la fin de mes jours… Ses phrases sont autant de sentences, tant chacune semble se condamner sur la page comme elle condamne le lecteur dans la prison de sa pensée.

Blake Butler