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3/07/11
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Portrait-robot. Mon père / Portrait-robot. Ma mère
de Christoph Meckel
Traduit de l'allemand par Florence Tenenbaum-Eouzan et Béatrice Gonzalés-Vangell

248 pages.
20 euros
ISBN : 978-2-915018-55-4


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Christoph Meckel, né à Berlin en 1935, a fait des études de graphisme à Fribourg et Munich et vit actuellement entre Berlin et Fribourg. Il a remporté de nombreux prix pour l'ensemble de son œuvre : le prix Rainer-Maria-Rilke (1979), le prix Georg-Trakl (1982) ou encore le prix Joseph-Breitbach (2003). Il est notamment l'auteur de Un inconnu : récit (Le Temps qu'il fait, 2007) et La Ville de cuivre (Gallimard, 1993).

Portrait-robot. Mon père
« L'homme que je connaissais ou croyais connaître n' était qu'une part de cet autre que personne ne connaissait. »
Comment aimer un père « apolitique » - l'écrivain Eberhard Meckel (1907-1969) - finalement complice de l'idéologie nazie ? En exécutant sans faillir le portrait d'un être au fil du temps désemparé qui, entre romantisme, idéalisme et catholicisme, fut incapable d'assumer ses contradictions, Christophe Meckel pose aussi la question de l'héritage des pères aux fils après la chute du Troisième Reich.
Publiés pour la première fois en diptyque tel que l'imaginait son auteur à l'origine, ces deux récits, écrits à vingt ans d'intervalle, radiographient l'univers intime de l'Allemagne d'hier et le séisme mental auquel son peuple dut faire face.

« En parlant de son père, Christoph Meckel a su reconnaître le malaise allemand, donnant ainsi à son œuvre quelque chose d'universel. » Die Zeit

Portrait-robot. Ma mère
« Je n'ai pas aimé ma mère. »
Phrase tabou d'un fils qui déplore la froideur bourgeoise d'une mère au protestantisme prussien. Christoph Meckel dit son manque dans une langue sèche et cassante, reflet de celle qui était sans tendresse ni amour ; une femme prude, égoïste et arrogante dont la violence larvée le conduisit au désenchantement absolu.
Publiés pour la première fois en diptyque tel que l'imaginait son auteur à l'origine, ces deux récits, écrits à vingt ans d'intervalle, radiographient l'univers intime de l'Allemagne d'hier et le séisme mental auquel son peuple dut faire face.

« Un livre impitoyable. » Süddeutsche Zeitung


Petits arrangements avec le passé.
Par Jean-Claude Lebrun, l'Humanité, 28 avril 2011

On ne choisit pas ses parents.
L'ouvrage, écrit au scalpel, jette une lumière crue et sans complaisance sur toute une période de l'histoire allemande.
Par Hubert Birringer, Dernières Nouvelles d'Alsace, 22 mai 2011

Par Par Malou Bernasconi, Françoise Kenk et Florence Tenenbaum-Eouzan, Fréquence Livres (Fréquence Protestante),  mercredi 6 avril 2011


On sort suffoqué de cette double lecture qui uppercute. L'écriture est d'une puissance saisissante et visionnaire en ce sens qu'elle est, avec un temps d'avance considérable, d'une modernité absolue.
Par Bénédicte Heim, Livres-Addict (http://www.livres-addict.fr), avril 2011

Des parents exemplaires.
Il y a [dans Portrait-robot. Ma mère] du Thomas Bernhard sous la plume de Christoph Meckel, comme il y a du Fassbinder dans Portrait-robot. Mon père. C'est dire la force de ces deux livres.

Par Christophe Kantcheff, Politis, 24 mars 2011


Un père complice de l'idéologie nazie, une mère autoritaire : à travers ses parents, l'écrivain allemand autopsie son pays.
Par Elisabeth Philippe, les Inrockuptibles, 30 mars 2010

Deux en un.
Un diptyque œdipien d'une étonnante lucidité.
Par Éric Bonnargent, L'Anagnoste (http://anagnoste.blogspot.com/), 30 mars 2011

Deux textes douloureux et puissants, d'une évidente importance historique, qui n'ont pas peu contribué à faire de l'inclassable Meckel l'un des plus considérables écrivains allemands contemporains.
Par Bernard Quiriny, le Magazine littéraire, février 2010

Un travail d'écriture magnifique et d'une lucidité impitoyable.
Par la librairie Atout Livre (Paris 12e), 24 février 2011

Christoph Meckel ou la mémoire à l'épreuve.
Une écriture sobre et lumineuse.
Par Jacques Josse, Remue.net (http://remue.net/), 24 février 2011

 Par Nikola Delescluse, Paludes 585 (Radio Campus Lille),  vendredi 4 février 2011

Visions d'une Allemagne
Un livre puissant qui est aussi une impressionnante radiographie de la conscience allemande.
Par Bernard Quiriny, Trois couleurs (MK2), n°88, février 2011

Une langue précise et claire, spontanée et mûrie, juste aux deux sens du mot.
Par Pierre Pachet, la Quinzaine littéraire, n°1031, 1er au 15 février 2010

Une paire d'amers (les portraits robots de Christoph Meckel)
La littérature, une fois de plus grâce à Meckel, montre combien sa trajectoire entretient un dialogue vibrant avec ce qu'on nomme, sans doute ludiquement, échec.
Par Claro, Le Clavier cannibale (towardgrace.blogspot.com), 1er février 2011


Dans les linéaments de ces biographies se dessine un autre personnage tout aussi intriguant : une Allemagne rigoriste, inflexible et souffrante.
Par Pierre Deshusses, le Monde des livres, 21 janvier 2010

Portrait-robot. Mon père
Peu de choses chez lui allaient de soi. Il lui manquait la faculté d'improvisation, il lui manquait le désintéressement et la nonchalance. NATUREL, TOUT A FAIT NATUREL était une formule qui revenait souvent et SEREINEMENT, TOUT A FAIT SEREINEMENT était son idéal jamais atteint. Les failles de son être sous tension perpétuelle exigeaient que sa personne fût rassurée. Sa confiance en lui, perturbée depuis l'enfance, s'était effondrée après la guerre et était restaurée par la force - un processus renouvelé chaque jour - aux dépens de sa famille.
Comme il ne pouvait plus représenter l'autorité devant sa famille ; comme sa position patriarcale perdait toujours plus en crédibilité ; comme son besoin de dominer, depuis le début anachronique, était accueilli non pas avec gratitude mais avec rejet ; comme il persistait à toujours être ce chef de famille, l'homme, le seul, qui décide de tout dans la maison (ce qui ne lui servait à rien) ; comme il jouait ce rôle à fond sans se douter que ce n'était pas la famille qui avait besoin de lui mais lui de la famille et de sa docilité ; comme il n'avait aucune perception claire de lui-même, il cherchait son salut dans l'ersatz. Pour le restant de ses jours, il recourut à toutes les illusions disponibles. Afin de rester fidèle à l'image qu'il s'était forgée de lui-même, il mit en place une nouvelle identité qu'il consolida par des sentences, des maximes, des citations. Il fallait qu'il demeurât le noyau de la famille, bien qu'il n'en fût que la coquille fêlée. À tout prix ; et le prix fut si exorbitant que tout y fut sacrifié.

Portrait-robot. Ma mère
Au début de la guerre, il était tout à fait charmant que l'enfant écrive quotidiennement des lettres à sa mère : M'aimes-tu ? Je t'aime aussi. Je t'aime. Toi aussi tu m'aimes ?
Le père était en Pologne, l'enfant était assis à la table, la mère lisait ou dormait dans sa chambre. Que l'enfant était affectueux, combien il avait besoin d'amour, comme c'était touchant et comme cela devint pesant.
J'étais assis à la table et je lui écrivais des messages avec les lettres de l'alphabet que je connaissais, griffonnées, peintes de plusieurs couleurs et je les glissais sous la porte de sa chambre. Je reproduisais des animaux et dessinais des maisons, je recopiais des vers et les lui donnait comme étant les miens. Déposés sur son assiette, dans ses chaussures, des petits mots cachés comme les œufs de Pâques, je priais qu'on me réponde, mais de réponse aucune. Ma mère était distraite et distante comme d'ordinaire. J'allais la voir et je lui posais directement la question.
Tu m'aimes ?
Oui, petit, et maintenant va dans le jardin.
Je t'aime.
Oui, petit, et maintenant mange ta pomme.
Elle n'emportait pas les lettres dans sa chambre. Elles gisaient des jours entiers partout dans la maison.

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