Forêts Noires de Romain Verger 96 pages.
12 euros ISBN : 978-2-915018-53-0
Né en 1972, Romain Verger est l'auteur de Zones sensibles, Grande Ourse et Forêts noires, tous trois parus chez Quidam éditeur. Professeur de lettres, il anime aussi des ateliers d'écriture en centre pénitentiaire et dans les établissement scolaires. Ses activités numériques (notes de lecture, photographies, peintures, animations, vidéos...) sont accessibles sur son site personnel (http://rverger.com) et son blog (http://membrane.tumblr.com).
Envoyé en mission au Japon pour une étude sur la forêt d'Aokigahara Jukai, un chercheur en biologie se retrouve aux prises avec cette « mer d'arbres », lieu qui le révèle à lui-même tout autant qu'il va signer sa perte.
Exploration des territoires sauvages de la mémoire, voyage introspectif agité par les soubresauts de l'inconscient, Forêts noires déroule le fil d'une vie aimantée par la figure du mal. Un réseau fictionnel d'où émerge au gré de motifs obsessionnels toute la force de l'obscur.
Entretien avec Bénédicte Heim, mardi 7 décembre 2010
La fascination opère et l'immersion totale est garantie, tant cet auteur sait allier la maîtrise d'une superbe prose avec la transmission d'un récit qui laisse, à son terme, subsister un trouble interrogateur.
Par Alain Helissen, Chroniques errantes, n°38, mars 2011
A la recherche des forêts perdues
Un livre tout en clair-obscur, remarquablement écrit. Par Sophie Patois, Le Français dans le monde, n°373, janvier-février 2011
Le bois où l'on sombre Par Marc Villemain, le Magazine des livre, n°28, janvier-février 2011
«« Le souvenir des eaux mortes du lac, des cailloux fracturés du rivage, des neiges fondues du Mont Fuji-Yama et des fleurs de magnolia séchées m'apaisaient, me poussaient très sereinement vers ma propre disparition. J'avais vécu là le temps d'une rotation complète des saisons et ne m'imaginais plus les choses capables de revenir et de reprendre leur cycle tant elles s'étaient lentement délitées en moi, conduites par l'impérieuse voracité de la forêt. Alors j'enfilai mon blouson, traversai la rue en direction de Shintaro et posai ma main sur son épaule. L'homme tourna la tête. Son il portait trace du paysage quotidiennement fixé : une sorte d'abysse aveugle et désenchanté. Il prononça quelques mots de ce japonais dont j'ignorais tout. Puis il me tira par le bras. Nous nous mîmes en marche, nous engageant sur la route de droite qui traversait la forêt. Entre deux lacets, le Fuji-Yama émergeait de la couverture végétale et tel un dragon, crachait sa brume dans le soleil levant. »