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L'Engendrement de Lionel Bourg
96 pages.
10 euros.
ISBN : 2-915018-17-0

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Lionel Bourg est né le 27 juin 1949 dans la Loire. Il réside à Saint-Etienne. Auteur de nombreux ouvrages (essais, récits, poèmes, journaux et carnets), il a reçu le Prix Rhône-Alpes du Livre en 2005 pour son récit Montagne noire (Le temps qu'il fait éditeur). Avec L'Engendrement, il approfondit le caractère à la fois social et individuel de sa quête autobiographique
Il faut du temps pour naître.
Du temps et des errances, des cris ou des étreintes, des paysages qui ne s'oublieront plus et, parce qu'on n'a pas le choix, des mots qu'il faut aller chercher parmi ceux qui tombent d'un poste de radio, surgissent au détour d'une page ou bavent, exultent, s'offrent à aimer enfin, à haïr parfois, aux lèvres d'une mère.
C'est que l'on ne vient pas plus facilement à la réalité du monde qu'à son imaginaire.
Que tout brûle, tout égare et qu'un vieil enfant assiste désormais, désemparé, au naufrage de celle qui, pleurant, braillant des insanités, chantant à tue-tête ou psalmodiant des phrases folles arrachées à ses songes comme à quelques grands livres, ne lui donna pas que l'incertaine clarté du jour.

La première énigme
Lionel Bourg réinvente le genre autobiographique à partir de ses impasses.
Par Chantal Lapeyre, Salon double (http://salondouble.contemporain.info), 4 février 2010

Ce qui me porte vers ce livre
Par Gérard Lambert, librairie Voix au chapitre (St Nazaire), le coup de cœur du libraire in Les Livres ont la parole, RTL, 18/03/07


L'Accompagnement
Par Emmanuel Malherbet, Chemin des livres n°13 (Alidades éd.), mai 2007

L'impossible poésie de Saint-Étienne
Par Anne-Marie Mercier-Faivre, sitartmag.com, mars 2007

Ce qui disparaît avec nous
Par Laurent Bonzon, Livre et lire, le mensuel du livre en Rhône-Alpes, n° 222, mars 2007

Inlassablement, Lionel Bourg poursuit sa quête autobiographique
Par Jacques Josse, Remue.net, 15 janvier 2007

Recherche du temps perdu
Avec L'Engendrement, Lionel Bourg montre qu'on peut explorer des sensations sans tomber dans le nombrilisme.
Par Christophe Kantcheff, Politis, 18 janvier 2007

Ces pages de solitude sont magnifiques, violemment séquencées ...
Par François Reynaud, Librairie Lucioles, (Vienne), Initiales.org, janvier 2007

Naître à soi
Par Romain Verger, 28 janvier 2007

Déchirant cri d'amour
Par Carmela di Martine, Vendémiaire n°23, février 2007

Chacun ignorait de quoi c'était fait, un enfant.
Les pères, les mères, qui souvent s'avéraient maladroits, moins cruels que brutaux, ou veules, fatigués, ne se posaient pas tellement la question. Il y avait les gosses. Le travail. Une espèce de tendresse bourrue. Des cris. Des paires de claques.
C'était comme ça. Comme ce n'est plus à présent, hormis les coups parfois, et l'indifférence : un horizon restreint, des bâtons de noisetier dont la pointe dessinait une ligne sinueuse derrière soi, des taches d'encre violette que le savon de Marseille toujours spongieux sur le rebord de la pierre d'évier n'effaçait qu'après maintes tentatives, de l'eau de Javel, des affections soudées à des corps familiers.
On avait sept ans. Neuf, peut-être. Les jours s'écoulaient, mornes, besogneux, mal détachés de ceux qui longtemps les avaient immuablement précédés.
Des voix grésillaient dans des postes de radio dont le père changeait les ampoules quand une panne rétablissait le silence où, les repas pris à la hâte, le torchon dont on se servait pour essuyer la vaisselle séchant sur le dossier d'une chaise, la hargne, la colère, l'amertume, et les peines obscures des parents un instant étouffées, les membres de la famille lentement s'exilaient.
20/06/10
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