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18/01/09
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Chalut
de BS Johnson
Traduit de l'anglais par Françoise Marel

200 pages.
18 euros
ISBN : 978-2-915018-21-9

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Fils d'un magasinier et d'une barmaid, Bryan Stanley Johnson est né le 5 février 1933 à Hammersmith et, à l'exception de la guerre durant laquelle il a été évacué, a vécu à Londres presque toute sa vie. Marié à Virginia Ann Kimpton, il est le père de deux enfants.

Ses autres romans sont Travelling People (pour lequel il a obtenu le Gregory Award en 1962), Albert Angelo (1964), Chalut (prix Somerset Maugham en 1967), The Unfortunates (1969), R.A.S. Infirmière-Chef  (House Mother Normal, 1971) et See The Old Lady Decently Buried (1975), publié posthumément. Outre deux volumes de poésie, il est aussi l'auteur de nouvelles et de pièces de théâtre. Il a également travaillé pour la télévision et le cinéma.

B.S. Johnson s'est suicidé le 13 novembre 1973

Publié en 1966, Chalut nous plonge au cœur de la condition humaine à travers le monologue intérieur d'un solitaire monté à bord d'un chalutier, parti en mer de Barents, afin de faire le point sur lui-même. Isolé du monde qu'il connaît, en proie à un mal de mer irrépressible et surnommé le plaisancier par l'équipage, ce passager-narrateur, qui n'est autre que BS Johnson, y décortique son moi , revisite avec obsession ses relations aux femmes entre deux haut-le-cœur… Le tout dans une prose lyrique et inventive. « C'est pour ça que je suis ici, filer les mailles étroites du chalut de mon esprit dans le vaste océan de mon passé. »

B.S. Johnson (1933-1973) a reçu le prix Somerset Maugham pour Chalut en 1967.


Mal être en mer
Par Fausto Maijstral, 10 juillet 2008, table-rase.blogspot.com

La nausée (bis) / B.S Johnson : une aventure littéraire en pleine mer
Par L. B., Tageblatt n° 167

Un homme à la mer
En 1963, Bryan Stanley Johnson embarque sur un chalut pour faire le point. Trois ans plus tard, paraît le roman de son voyage en mer et en lui-même. Un monologue intérieur très Nouvelle Vague, plein de souffle et d'esprit.
Par Ingrid Merckx, Politis, 10 juillet 2007

L'art du vivisecteur
Après R.A.S. Infirmière-chef et Christie Malry règle ses comptes, voici Chalut, un voyage cathartique au bout du moi, illustrant le credo esthétique de B.S. Johnson selon lequel ce n'est pas l'imagination qui est à l'origine de l'œuvre, mais le culte de la vérité.
Par Richard Blin, le Matricule des anges, n° 85, juillet-août 2007

La pêche à moi
Par François Monpezat, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 17 juin 2007

Courants de conscience
Par Y.N., Livre & lire, n°225, le mensuel du livre en Rhône-Alpes, juin 2007

Eaux sauvages
On n'en finit pas de redécouvrir B.S. Johnson, romancier culte de l'Angleterre des sixties, suicidé en 1973 et idolâtré par Jonathan Coe.
Par Bruno Juffin, Les Inrockuptibles, n° 601, 5 juin 2007

B.S Johnson a décidément tout de l'écrivain culte...
Par Yann Nicol, Le Petit Bulletin Lyon, n° 443, 30 mai-6 juin 2007


La force magnétique des mots
Par Nikola Delescluse, Paludes 442, Radio Campus Lille, 25/04/07
ecouter la critique

Un long poème à la prose acérée, intense, éblouissante
Par Marie Hirigoyen, Librairie le Jardin des lettres (Craponne), Page des Libraires n°111, avril-mai 2007

Une prose au lyrisme chatoyant
Par Emilie Colombani, Technikart, mai 2007

L'OLNI, mode d'emploi : Le vague à l'âme de B.S. Johnson
Par Baptiste Liger, Lire, mai 2007

LA CRITIQUE en Grande-Bretagne

« Sans doute le plus émouvant des romans de Johnson. ». Jonathan Coe

« Chalut relève du grand œuvre [...] et Johnson n'est pas un romancier mineur. Le mettre dans le même panier que Sterne relève de l'évidence. Quand il ne passe pas ses charniers au bulldozer, il en démantèle la morgue, et réussit là où DH Lawrence et George Orwell ont essayé : sortir les lettres anglaises du bourbier de la bienséance.» Kenneth Tindall, The Review of Contemporary Fiction

«Chalut est remarquable - d'un naturel évident dans la duperie moderniste, mais surtout, c'est une autobiographie superbe.» Nicholas Lezard, The Guardian, july 2004

«Un écrivain des plus doués.» Samuel Beckett

«Vivifiant [...] L'un des meilleurs écrivains que nous ayons... Appréciez-le. Son écriture chante...»
Adrian Mitchell, Sunday Times

«Johnson posède une vivacité et une clarté auxquelles nous sommes peu habitués. Et c'est tout bonnement réjouissant..» BBC

«Chalut est le livre où Johnson trouve sa propre voix. et c'est une voix forte. Le talent de Johnson est en vérité un talent des plus singuliers...» Irish Times

«Brillant.» The Spectator

«Remarquable.» The Daily Telegraph

«Excellent.» The Guardian, 1966

«Lyrique.» The Sunday Telegraph


Moi • • toujours avec moi R R • ça commence avec R • R • R •  ̶
ça et moi partageons le même caractère • R ne faisont qu'un •
• • R ça commence toujours avec moi  • R  • ça R •
• • R  • unique R • R • R • R • • R • • R singulier  • R •
• R • R • R • R • R • • • seul R • R • R • R • R • R • R • R •
• • Moi

Aucun moyen de savoir, ici, en bas, quand ils vont filer, en revanche, je sais très bien quand ça y est, le son me parvient jusqu'ici, en bas, c'est l'un des rares sons qui me parvienne ici, en bas, quand ils vont tirer. CRAANGK ! c'est parti, une fois, contre le côté : ils libèrent le chien arrière qui vient percuter le flanc du bateau dans un fracas retentissant, alors je sais qu'ils ont commencé à tirer.  • R • R •  • • Parfois, ça me réveille, parfois plus d'une fois pendant les seize heures par jour passées à dormir, ou allongé sur ma couchette, devrais-je dire, car le chien vient cogner l'arrière du bateau juste au-dessus de ma tête : le chien est juste au-dessus, au-dessus et à l'extérieur, bien sûr, juste à côté de ma tête : ce qui explique probablement pourquoi cette couchette était libre, pourquoi elle n'était pas utilisée, pourquoi personne ne voulait l'utiliser, pourquoi on me l'a laissée. R • R • • Ainsi, toutes les deux heures ou presque, ou toutes les deux heures et demi, et parfois à des intervalles plus longs, selon l'intuition du capitaine, CRAANGK ! le chien vient me cogner la tête, pour ainsi dire, l'intérieur même de ma tête, parfois, pour ainsi dire ; et je suis souvent réveillé, si je dors, ou dérangé dans mes pensées, si pensée il y a, aussi souvent sans doute, tant il est rare que je dorme au cours de cette opération : même si la nuit dernière, j'ai pu dormir cinq heures d'affilée, ce qui prouve que j'ai réussi à dormir pendant toute la durée d'un trait, expérience plus qu'appréciable et bienvenue : quand je dors, aucun risque d'être malade, en tout cas, je ne suis pas malade, je suis anesthésié, les pilules que l'on m'a données ne me font aucun effet, n'ont aucun effet, sur moi, elle me rendent même un peu malade, à cause de leur goût, peut-être n'est-ce plus que par simple association désormais, même si, au début, je les prenais, parce qu'elles étaient censées faire effet, le médecin avait dit qu'elles feraient effet, le meilleur remède contre la naupathie, avait-il dit d'un voix pontifiante. Mal de mer, même nombre de syllabes, qu'a-t-il à perdre ou à gagner à pontifier ainsi ? Je ne manquerai pas de le chapitrer sur l'incapacité de ses pilules quand je reviendrai, si je reviens un jour, oh, oh, à soulager ma condition, cette trop humaine condition. • • R • Lorsqu'ils tirent, le bateau tangue, et le mouvement s'accentue, c'est lors de tels instants que mon mal de mer est au plus haut, lorsqu'ils tirent : la position horizontale est toutefois une alliée précieuse : je ne pourrais pas supporter d'être sur le pont, j'ai l'impression que mon estomac cherche à se retourner de lui-même, à se projeter vers le haut, pour s'éjecter à l'air libre hors de mon corps frissonnant. Parfois, je me demande ce qui l'en empêche, à quel moment précis le corps s'oblige à ignorer le mal de mer afin de garantir sa survie, afin de garantir la stabilité de l'estomac.


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