David M. Thomas : un écrivain et un historien européen Une écriture singulière au service de l'Histoire et un auteur à découvrir d'urgence.
Par Franck Peyrot, Le Populaire du Centre, vendredi 9 avril 2010
L'auteur, historien et quinqualingue, dont le physique fait aussitôt penser à Jimmy Sommerville, est passionné par la guerre d'Espagne et les enseignements que les démocraties auraient dû en tirer.
Le premier d'une série de trois Ce premier opus d'une trilogie consacrée à l'une des guerres civiles les plus sanglantes de notre histoire contemporaine, nous rappelle ainsi que l'Allemagne nationale-socialiste, l'Italie fasciste ont participé activement à ce conflit. Il s'agissait pour ces régimes totalitaires d'un terrain de manuvre idéal, cinq ans avant la guerre totale.
David M. Thomas défend ses convictions, celles qui lui font dire que les républicains espagnols ont subi une double peine lorsque, libérés des camps de concentration, ils découvrirent de retour dans leur pays, la dure loi du caudillo. Les personnages de son roman historique représentent en quelque sorte le pendant épique et aventureux de cette future alliance, le pacte d'acier qui allait bientôt déclencher la seconde guerre mondiale.
Gallois et Limougeaud A Almeria, en Andalousie, les différentes langues de la révolte symbolisent l'espoir commun. Car c'est le combat pour la liberté qui unit la brigade constituée du chef Jefe, d'un déserteur allemand, d'un soldat italien, d'un londonien issu de la working-class et d'une réfugiée de Malaga.
Un Gallois installé à Limoges et qui écrit en français, c'est un peu comme si Perceval rencontrait Voltaire, en terre occitane, le courage au service d'une juste cause. Et nous savons pourquoi David M. Thomas porte un intérêt tout particulier à ceux qui choisirent en 1936 de mettre leur peau au bout de leurs idées. Il s'engagea en effet ardemment dans le mouvement de grève des mineurs qui secoua l'Angleterre des années quatre-vingt. Une expérience qui a sans doute forgé le style du futur écrivain ; un style dont la singularité n'a d'égale que la maîtrise.