Palmita, venue de Colombie Tendresse, fraicheur, humour, un beau brin de plume. Un livre vite lu, mais dont on sait qu'on le relira, ce qui est le meilleur des signes.
Par Paul Desalmand, Montmartre à la une, n°26, 1er trimestre 2010
Je n'imaginais pas qu'un sujet aussi sérieux que l'adoption, puisse donner lieu à un livre drôle. C'est pourtant ce que réussit à faire Bruno Testa. Amuser et émouvoir, que demander de plus à l'écrivain ?
Un livre court et enlevé, mais qui dit l'essentiel. Densité reposante à une époque où, pour parler comme le narrateur, on voit des auteurs consacrer 800 pages à leur scarlatine. Le récit se divise en deux parties : 1. Sacré-Cur (Marie-Ange et son compagnon puis mari sont montmartrois) ; 2. Sagrado Corazón (Sacré-Cur, version colombienne) : Marie-Ange et son homme se sont rencontrés comme ça. « C'est Montmartre finalement qui nous a rapprochés. Il y a tellement de moulins, d'escaliers, de chansons égarées, de désirs ébréchés, qu'on se sent en famille quand on est dans la peine. » Comme ils ne peuvent pas avoir d'enfants, Marie-Ange prend l'affaire en main, ce qui, dans un premier temps, pour faciliter les démarches, conduit au mariage et à l'achat d'un appartement. Le mari tout frais ne se sent pas près pour la paternité, mais ce que femme veut Et les voilà partis pour la Colombie. D'où quelques scènes savoureuses. Testa ne s'appesantit pas, sait voir, s'amuse et nous amuse. Mais à quoi va ressembler Palmita ? Et n'aura-t-elle pas une réaction négative ? « Mais non, elle nous prend la main sans nous lâcher, avec un sourire plein de confiance, une petite main sans méfiance, une main qui pèse tout le poids du monde. »
Il ne se se sentait pas doué pour la paternité ou la vie de famille, mais son existence se transforme. Et s'il se met à craindre l'avenir, c'est parce qu'un jour, « un jour funeste, elle quittera papa ! ». Tendresse, fraicheur, humour, un beau brin de plume. Un livre vite lu, mais dont on sait qu'on le relira, ce qui est le meilleur des signes.