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La Chorée de Perchan
(éros et exil)

Robert Perchan

Traduit de l'anglais
par Valérie Morlot

128 p. 15

ISBN : 2-915018-01-4



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Robert Perchan est né à Cleveland, Ohio, en 1947 et y a grandi. Ses poèmes et nouvelles ont été publiés dans de nombreux magazines littéraires tant aux Etats-Unis qu'à l'étranger. Il a été lauréat du Pearl Poet en 1999 pour Fluid in Darkness, Frozen in Light. Il enseigne actuellement dans une université en Corée du Sud où il réside depuis une quinzaine d'années et y éprouve à ses dires " une apparente" préférence pour la vie péninsulaire .


Quelque part dans une Corée du Sud industrio-militaire vit un poète avec une prostituée. Il observe et nous convie à un voyage improbable dans ce pays dont l'homonymie lui évoque la maladie. Ses remarques ironiques, mordantes et fugitives dessinent, par petites touches, une image crue, dynamique et unique du Pays du Matin Calme.


"Avec un humour et une trivialité incisifs, un regard érotique parfois très cru sur la femme, l’auteur nous fait pénétrer au cœur de ce pays à travers cette réflexion surprise dans la tête du Bouddha : « la Corée est une personnalité unique avec un trouble de personnalité multiple ».
Santé Mentale, février 2003

"Une écriture minimaliste, acérée, incisive." 
Le Matricule des anges

"L'aplomb du style et le goût de l'épigramme rappellent Edward Dahlberg, Cyril Connolly voire un Catulle en moins austère."
Kirkus Reviews


Le crâne coréen typique a parfois des traits résolument amérindiens - preuve vivante, respirante du pont terrestre préhistorique qui enjambait le détroit de Bering : des paumettes arrondies, moulées en une sage et bienveillante passivité. Quelque peu amateur phrénologue, j’arrive parfois à percevoir le crâne sous la peau. Un crâne comme celui d’In-ja se distinguerait au milieu d’un ossuaire - les Capucins lui donneraient la place d’honneur dans l’une de leurs mises en scène cauchemardesques.

 

*

 

Quelque chose absolument doit être dit du cul d’In-ja. Pourquoi ? Et quoi ? Parce que sa fente ouverte, offerte fait penser à un gâteau rond tout frais sorti du four dans lequel on a découpé une unique très fine part ? C’est un peu ça. Parce qu’elle est typique de toutes ses bonnes consœurs dans cet obscur coin du globe ? On ne peut le nier. Il est difficile de croire que ce trait transcendant s’élabore à partir de chou, riz, nouilles et algues, à peine plus - sans oublier un zeste de matériau génétique et beaucoup d’exercice dans la position accroupie. Quand j’y pense, je désespère nettement moins de l’humanité.

 

*

Mon ami anthropologue Harry T. Colfax, éternel candidat au Golden Fleece Award, autrement dit et avec jeu de mots, au Prix de la Toison d’Or ou/et au choix de l’Escroquerie fonctionnarisée, décerné informellement par le sénateur William Proxmire, mon ami H.T.C. donc, divise les Coréennes en une douzaine de phénotypes selon la configuration de leur pilosité pubienne. Il a noté le V extrabold, le V normal, les jardins suspendus, la clé des champs , l’oriflamme à deux pointes, le lingot noir, les cheveux sur les yeux, les ajoncs bleus, l’araignée sur la paille, les cheveux de Vénus (ou mont demi-ras), et enfin la véritable imberbe. Un spécimen exigeait une catégorie et une étiquette pour lui tout seul : la Caracole de Colfax. Selon ses propres mots : « Si Przwalski a un cheval, Kaposi un sarcome, et Halley une comète entière, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas prétendre à mon petit coin de la Création. »

22/10/06
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