Bruno Testa est né en 1956 dans la Plaine du Forez dans un milieu ouvrier dorigine italienne. Il est journaliste indépendant. Son premier roman, le Poisson-ange a été publié chez Michalon.
Le narrateur l'assure : il n'a pas le gène de l'adoption. Mais que peut-il faire lorsque du jour au lendemain sa compagne le harcèle et tient à le conduire à son corps défendant à la Ddass, chez le psychiatre ou le réveille en pleine nuit pour le demander en mariage? Jouer l'inertie, faire de la résistance, s'adonner au sarcasme puis, de guerre lasse, capituler. Ainsi, notre futur papa se retrouve-t-il en Colombie, à 2500 m d'altitude, au bord de précipices, le souffle court, dans l'attente de l'enfant qui ne va pas tarder à paraître et, peut-être, lui ravager le cur
« L'auteur excelle dans le portrait d'un « anti-héro » contemporain, grand spécialiste de la fuite tangentielle, dont le confort de célibataire est bousculé par une rencontre qui va lui faire vivre des aventures dont il n'avait même pas idée [...] L'Adoption est dédiée "à Yuli, Whilter et... Darwin", c'est-à-dire à la famille humaine et toutes les familles trouveront, dans ce récit drôle et tendre, une ample matière à partage sur l'amour et la filiation des sapiens. » Pascale David, Témoignages
« Bruno Testa raconte cette aventure drôlement et finement. Sa manière, son écriture, ce ton savamment décalé ont un point commun avec sa gamine : on les adopte sans réticences. » Frédéric Pagès, le Canard enchaîné
« Un récit drôle et léger comme une bulle sur un sujet qui ne l?est pas. » VSD
«Ce petit livre est for-mi-da-ble. Beaucoup d'émotion vraie. Une drôlerie qui ne gâte rien. Une écriture impeccable. Et puis un livre où l'on cite Marguerite Marie Alacoque ne peut pas être un mauvais livre! Donc c'est une manière de chef-d'œuvre.» Pierre Autin-Grenier, auteur de Toute une vie bien ratée (l'Arpenteur)
«Un roman émouvant et drôle, qui montre l'émergence d'une paternité, à travers sarcasme et sincérité.» HEC Lectik, octobre 2005
« Sacré cur, va ! Ce sont les trois mots de la fin. Et le récit qui précède leur ressemble. Désinvolture, tendresse, drôlerie, émotion [...] Une sincérité étonnante et le parcours d'un père "indigne" qui n'avait pas "le gène de l'adoption". » France Cavalié, Montmartre à la une
« Le Sacré-Cur? C'est là que j'ai rencontré Marie-Ange, un samedi d'automne, échouée là pour échapper à des histoires anciennes, la famille, l'enfant mort-né. Elle travaillait dans un magazine féminin, s'ennuyait. Cela ne lui convenait pas d'oublier le temps avec des crèmes de beauté, elle qui préfère le social avec des rides. Je végétais quant à moi dans un bulletin d'une proche banlieue, méditant sur un amour défunt et la communication municipale. C'est Montmartre finalement qui nous a rapprochés. Il y a tellement de moulins, d'escaliers, de chansons égarées, de destins ébréchés, qu'on se sent en famille quand on est dans la peine.
Chez Ammad, Hôtel de Clermont, un bougnat devenu kabyle. Si l'on veut, un bateau dans la nuit, avec la cale en bois, l'escalier tremblant qui mène dans les couchettes du haut pour les pensionnaires et les pissotières ouvertes au grand vent où l'on pisse à plusieurs des litres de bière. A la barre, Ammad, la tête dénudée au milieu des tempêtes, le pied marin à force de voir les autres tanguer au comptoir, l'humeur égale pour contrarier celle des autres.
C'est là, parmi les anciens du pavé, les peintres installés à demeure, les maçons à niveau pour le Ricard du soir, les joueurs de cartes et de RMI, les théâtreux, les vendeurs de merguez, le Hollandais volant, le Juif errant, tous les Métèques, c'est là dans ce bar où tout le monde se parle qu'on s'est parlés. Puis on a dérivé, soudain libres, insouciants. »
Je me souviens du premier hôtel, la première nuit. Je ne connaissais pas encore toutes les répulsions de Marie-Ange. Quand elle a vu la chambre grise, les fenêtres muettes qui donnaient sur la cour intérieure, le linge suspendu, l'ambiance Méditerranée mais sans le soleil, elle a tout de suite inspecté le lit. Suspecté des cadavres de spermatozoïdes encore frais. Des spermatozoïdes, il devait y en avoir. Forcément, dans un hôtel de passe. Mais frais, non. De toute façon, l'amour romantise tout. Les poux, les punaises, les spermatozoïdes en bout de course.