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Stéphane Padovani est né en 1966 à Courbevoie et a vécu en région parisienne jusqu'en 1999, dans différentes banlieues, où il a commencé à enseigner. 1995 : premières publications en revues. Il a obtenu la bourse « découverte » du CNL et animé quelque temps un atelier d'écriture en maison d'arrêt. Il vit et enseigne désormais en Bretagne. Il est aussi l'auteur de L'Homme de bois (2002) et Chiens de guerre (2004), tous deux chez Bérénice.
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Dans la veille, Etienne écrit à Louise. Mais sait-on jamais où les mots arrivent, ce qu'ils mettent en mouvement, ce qu'ils dénouent et trament d'une main à l'autre. À son tour, Louise devra apprendre cette veille au bout d'une route incertaine et y inscrire sa propre voix.
La transmission, l'adoption mutuelle des êtres et des mots sont au cur de ce récit. Stéphane Padovani y poursuit, sur un fil toujours tendu, des itinéraires intimes pris dans la marche du monde. La Veilleuse est son troisième roman.
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Il n'y avait qu'un temps d'Etienne à moi, qu'un battement. Je m'accrochais à lui comme une note de musique à sa partition, seule, vouée à répéter le même son, à le faire courir tout au long de la route mais ne voulant rien d'autre que cela, qu'être là à sa suite, à sa traîne parfois, rien d'autre que lui et moi sur la route, nous sauvant, dévalant, cavalant, pour aller nulle part, ne rien rejoindre, n'atteindre aucun terme. Je lui demandais où nous allions seulement pour m'assurer qu'il était perdu. C'était ce que ma mère aimait en lui et que j'avais compris dès son entrée chez nous. Je me fiais à son sens de la désorientation. Il lançait le menton en avant, une vague main vite retombée, indiquait un point au hasard, que nous ne suivions pas, une sente que nous ne prenions pas, un village à contourner, une église en ruine. Il n'y avait plus rien que nous. Je ne savais plus dans quel pays nous nous trouvions ni même s'il y avait un pays. Je trottais du mieux possible dans son dos, ses longs cheveux bruns battaient le col de son manteau, sa main à l'épaule, nouée autour des sacs.
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