Sélection Prix Wepler 2009 Dans les ombres sylvestres de Jérôme Lafargue 192 pages. 16 euros ISBN : 978-2-915018-36-3
En librairie le 10 septembre 2009 / Diffusion CDE-distribution Sodis
De Jérôme Lafargue on peut dire qu'il est né dans les Landes en 1968, qu'il a fait diverses choses avec nonchalance avant de s'établir pour donner le change. Cependant, lire, bayer aux corneilles et écrire restent ses activités favorites. Il est persuadé d'avoir des tas d'idées formidables, comme cette Encyclopédie sans queue ni tête qui finalement ne verra pas le jour, remplacée par le fameux Légendes et récits de Lou Jafarmegree, uvre au long cours qui sera publiée sans doute après sa disparition. En attendant cet événement, il écrit des romans (L'Ami Butler, Quidam 2007, Dans les ombres sylvestres, Quidam, 2009), des nouvelles en veux-tu en voilà et même des poèmes ! (L'Effacement des potences, Wigwam, 2009).
Un homme sauvage, jeteur de sorts, venu d'un nulle part archaïque et terrifiant, s'installe à Cluquet, petit village pris entre l'océan et une forêt tout aussi immense. On l'y craint comme on profite de ses dons, jusqu'à ce que la guerre l'emporte comme des millions d'autres. Mais ce révolté dans l'âme a-t-il tout à fait disparu ?
Audric, son arrière-petit-fils, éprouve d'énormes difficultés à assumer cette ascendance pesante, dans un hameau désormais abandonné par la faute de son aïeul et de sa magie funèbre, mais qu'il ne peut lui-même se résoudre à quitter. N'est-il qu'un fétu de paille ballotté par l'histoire sombre de sa famille ? Ou quelqu'un d'encore plus inquiétant, esprit insurgé porteur d'un destin qui le dépasse ?
Dans les ombres sylvestres n'est pas seulement une ode à la forêt et ses enchantements. C'est aussi le portrait à fleur de peau d'un homme fragile, amoureux, et désespéré à l'idée de ne pas être à la hauteur d'ancêtres hors du commun dans un monde qui se disloque jour après jour.
À lire absolument Par Anne, comitedelecturepoissy.over-blog.com, 9 octobre 2009
L'écriture est fluide et agréable, parfois teintée d'un lyrisme un peu « délirant » qui contribue à recréer l'atmosphère envoûtante que requiert l'intrigue. Par A.C. Corbin de Mangoux, Les Notes bibliographiques, 13 octobre 2009
Contes et légendes des Gueudespin Un charme vénéneux entoure ce texte hors mode dans lequel les forces occultes resurgissent
Par Alexandre Fillon, Lire, novembre 2009
Des « Ombres » sortilèges
Jérôme Lafargue raconte l'histoire hors du commun d'une famille, dont le destin est marqué par l'emprise d'une forêt enchanteresse.
Par Michel Mahler, Sud-Ouest, 22 septembre 2009
La forêt des contes
Histoires. Le deuxième roman de l'auteur de L'Ami Butler explore quatre générations de légendes familiales.
Par Alain Nicolas, L'Humanité, 24 septembre 2009
Sortilèges
Des complots de silence et d'odeurs, de l'insoumission mâtinée d'enchantements Le deuxième roman de Jérôme Lafargue libère un monde inquiétant.
Richard Blin, Le Matricule des anges, n°107, octobre 2009
Perle rare Par Emilie, Libraire à la Machine à lire, Bordeaux
Ce que cache la forêt Un jeune narrateur tourmenté par ses ancêtres rebelles... Jérôme Lafargue manigance une intrigue vertigineuse.
Par Martine Laval, Télérama, n° 3113, 9 septembre 2009
La Quête des origines
Par Isabelle Leclerc (Librairie l'Imagigraphe, Paris), Page des libraires n° 131, septembre 2009
« Madame Laure à son balcon, derrière une jalousie. »
Dans les ombres sylvestres est un moment de littérature grandiose, empruntant sa sublime majesté à la forêt.
Par Laure Limongi, 4 septembre 2009, blog rougelarsenrose & La Revue littéraire n°41
D'une poigne encore ferme, le vieux Gustave m'avait agrippé le bras. Allongé dans le pauvre lit de l'hospice où il s'éteindrait quelques heures plus tard, ses yeux aveugles cherchant ma présence au plus près de lui, il me dit alors ceci, d'une voix d'où toute trace de tremblotement avait disparu :
-Tu sais Audric, là où se nichent l'amertume et le renoncement, une promesse viendra toujours les en déloger.
Il toussa alors, puis se mit à rire.
-J'imagine ta trombine ! C'est pas moi qu'ai inventé ça, tu penses ! Mais c'est une belle phrase, et le plus important c'est que toi Audric tu es cette promesse, bien plus qu'Elébotham, et je parle même pas de ton grand-père et de ton père.
Je n'ai compris ses derniers mots que bien des années après sa mort, n'admettant l'impensable que le jour terrifiant où la colère fondit sur Cluquet, forteresse de sable, de bois et d'eau où nous perdîmes tant de choses que nos larmes coulaient directement sur nos os.