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17/05/10
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Les Malchanceux
de BS Johnson
Préface de Jonathan Coe
Traduit de l'anglais par Françoise Marel

32 euros
ISBN : 978-2-915018-39-4


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Fils d'un magasinier et d'une barmaid, Bryan Stanley Johnson est né le 5 février 1933 à Hammersmith et, à l'exception de la guerre durant laquelle il a été évacué, a vécu à Londres presque toute sa vie. Marié à Virginia Ann Kimpton, il est le père de deux enfants.

Ses autres romans sont Travelling People (pour lequel il a obtenu le Gregory Award en 1962), Albert Angelo (1964), Chalut (prix Somerset Maugham en 1967), The Unfortunates (1969), R.A.S. Infirmière-Chef  (House Mother Normal, 1971) et See The Old Lady Decently Buried (1975), publié posthumément. Outre deux volumes de poésie, il est aussi l'auteur de nouvelles et de pièces de théâtre. Il a également travaillé pour la télévision et le cinéma.

B.S. Johnson s'est suicidé le 13 novembre 1973

Envoyé dans une ville des Midlands, un rédacteur sportif se retrouve confronté aux fantômes de son passé dès sa sortie de la gare. Le souvenir de l'un de ses meilleurs amis, Tony, trop tôt emporté par un cancer, vient à hanter son esprit tandis qu'il doit se plier, comme chaque semaine, à la routine de son labeur : écrire un article sur un match de football.
Légendaire par la forme « expérimentale » qu'il adopte pour traiter de l'idée de chaos et du fonctionnement erratique et discontinu de la pensée, Les Malchanceux est un incunable des années 60, salué dès sa sortie comme un événement, et sans aucun doute le chef-d'œuvre de B.S. Johnson. Serti dans l'écrin d'une boîte, ce « livre disloqué » est constitué de «cahiers» non reliés, 27 sections susceptibles d'être brassées comme des cartes et lues dans l'ordre que le hasard offrira au lecteur, exception faite du premier et dernier « chapitres » intitulés comme tels.
Elégie et roman de l'amitié, Les Malchanceux est aussi une magnifique méditation sur la mort comme un portrait sans complaisance de son auteur, le tout empreint d'humour noir.
Avec quarante ans de retard, le lecteur francophone peut enfin découvrir cette œuvre d'une originalité absolue.


Football expérimental
Par Benoît Heimermann, l'Equipe mag, n°1448, 17 avril 2010

Bel objet, grand livre
Par Frédéric Waringuez, le Journal du dimanche, mercredi 7 avril 2010

A mort, la fiction ?
„B.S. Johnson était à lui tout seul, si vous le voulez, l'avant-garde littéraire des années 1960 en Grande-Bretagne”. L'auteur de cette phrase est Jonathan Coe, qui consacre une volumineuse et passionnante biographie à cet écrivain anglais inclassable, disparu en 1973 à l'âge de 40 ans. Une redécouverte en français à mettre au crédit de Quidam Editeur, qui vient de publier Les Malchanceux dans un splendide coffret.
Par Laurent Bonzon, Tageblatt, 26 mars 2010

Une vie en morceaux
Par Christophe Kantcheff, Politis, 28 janvier 2010

C'est l'une des grandes forces de Johnson que d'avoir su échapper à la tyrannie de la narration pure (du suspense, un début un milieu une fin), en la vaporisant dans l'espace ludique, interactif et infini du roman.
Par Olivier Renault, artpress, février 2010

Who is B.S. Johnson ?
C'est un livre exceptionnel, qui vous tombe dessus sans ménagement et vous rappelle que certains écrivains, en leur temps, ont beaucoup osé.
Par Laurent Bonzon, Livre & Lire (mensuel du livre en Rhône-Alpes), n°248, janvier 2010

B. S. Johnson, le monument
On connaît mal B. S. Johnson en France. Pourtant, un courageux éditeur (Quidam) s'obstine, pour notre plus grand bonheur, à réparer cette erreur.
Par Olivier Renault, L'Arbre à lettres, janvier 2010

B.S. Johnson, la mémoire et l'aléatoire
Par Bernard Quiriny, le Magazine littéraire, n° 493, janvier 2010


Pages déliées
Par Claire Devarrieux, Libération, 7 janvier 2010

Une perle noire à redécouvrir
Par Claire Julliard, Centre national du livre, janvier 2010

eoouter la critiquePaludes 544 du vendredi 11 décembre 2009

Lettre à un ami perdu
Un journaliste, écrivain frustré, retourne dans les Midlands, où il est assailli de souvenirs. Avec la figure d'un ami disparu en toile de fond.
Par Olivier Mony, Sud-Ouest, 13 décembre 2009

Match Box : BS Johnson pro defunctis
Une œuvre insolente, désespérée, métamorphique.
Par Claro, Le Clavier cannibale II (towardgrace.blogspot.com), 10 décembre 2009

Pièces détachées
« Un livre dans une boîte. Pourquoi ? » Dans sa préface aux Malchanceux, Jonathan Coe s'emploie à réhabiliter un livre stupéfiant publié en 1969 sous la forme de feuillets détachés…
Par François Reynaud (Librairie Les Cordeliers, Romans-sur-Isère), Page des libraires, n°134, décembre 2009

Les boîtes.
Il n'y avait pas grand-chose à raconter, mais ce pas grand-chose qui constitue la vie ordinaire, B.S. Johnson a su en faire une œuvre rare.
Par Bartleby, bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com, le 8 décembre 2009

Un texte étrange, poignant
Par Anne-Sophie Demonchy, la Lettrine, 8 décembre 2009

l'Expérience Johnson : le livre disloqué
Par Bustos, lesruinescirculaires.blogspot.com, 3 décembre 2009

Modern Style
Jonathan Coe continue de se battre pour que l'écrivain anglais B.S. Johnson, suicidé en 1973, sorte de l'oubli. Il signe la préface d'un petit chef-d'œuvre obsessionnel et mélancolique à découvrir d'urgence.
Par Elisabeth Philippe, Les Inrockuptibles n° 731, 2 décembre 2009

Le livre en boîte de B.S. Johnson
Par Jacques Josse, remue.net - 27 novembre 2009




C'est absolument formidable.
Ali Baddou, Le Grand Journal (Canal+), 20 novembre 2009

«Un livre unique et merveilleux, un classique.» Jonathan Coe

Mais je la connais cette ville ! Le vert, c'est bien cette salle des guichets, et ce long bureau en demi-cercle, cette claire-voie ironique, les carreaux de faïence bruns, et verts en dessous, rien n'a changé, même ces poutres martelées, purement décoratives, elles ne soutiennent rien, enfin au-dessus ! Je la connais cette ville ! Comment n'ai-je pas compris lorsqu'il m'a dit, Allez, tu couvres City, cette semaine, qu'il s'agissait de cette ville ? Tony. Ses joues au teint cireux, on dirait qu'elles s'écroulent, des os saillants, et ses gencives rétractées et même resserrées je dirais, les dents déchaussées quand il bâille, obligé, sa bouche, oui, cette bouche autrefois tellement charnue, comme le reste du visage, oui, et qui croule maintenant, qui s'écroule, les lunettes en étaient bien, avec leurs montures épaisses, l'unique repère, cette bouche ouverte comme un cri que l'on contrôle, un cri muet, la tête encore animée de légers mouvements, la salive blanche, sèche et visqueuse, les dernières sécrétions de ces glandes harcelées, cautérisées dans leur déficience, cette bouche qui ne se ferme plus que pour avaler une gorgée d'eau dans le verre posé près du lit, ce lit double, dans la maison de ses parents, le bungalow, de l'eau et du citron, aussi souvent que possible, à cause des effets du traitement sur ses glandes salivaires, à cause de la manière dont il s'était définitivement occupé d'elles. De lui
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