Les Malchanceux de BS Johnson Préface de Jonathan Coe Traduit de l'anglais par Françoise Marel 32 euros ISBN : 978-2-915018-39-4
Fils d'un magasinier et d'une barmaid, Bryan Stanley Johnson est né le 5 février 1933 à Hammersmith et, à l'exception de la guerre durant laquelle il a été évacué, a vécu à Londres presque toute sa vie. Marié à Virginia Ann Kimpton, il est le père de deux enfants.
Ses autres romans sont Travelling People (pour lequel il a obtenu le Gregory Award en 1962), Albert Angelo (1964), Chalut (prix Somerset Maugham en 1967), The Unfortunates (1969), R.A.S. Infirmière-Chef(House Mother Normal, 1971) et See The Old Lady Decently Buried (1975), publié posthumément. Outre deux volumes de poésie, il est aussi l'auteur de nouvelles et de pièces de théâtre. Il a également travaillé pour la télévision et le cinéma.
B.S. Johnson s'est suicidé le 13 novembre 1973
Envoyé dans une ville des Midlands, un rédacteur sportif se retrouve confronté aux fantômes de son passé dès sa sortie de la gare. Le souvenir de l'un de ses meilleurs amis, Tony, trop tôt emporté par un cancer, vient à hanter son esprit tandis qu'il doit se plier, comme chaque semaine, à la routine de son labeur : écrire un article sur un match de football.
Légendaire par la forme « expérimentale » qu'il adopte pour traiter de l'idée de chaos et du fonctionnement erratique et discontinu de la pensée, Les Malchanceux est un incunable des années 60, salué dès sa sortie comme un événement, et sans aucun doute le chef-d'uvre de B.S. Johnson. Serti dans l'écrin d'une boîte, ce « livre disloqué » est constitué de «cahiers» non reliés, 27 sections susceptibles d'être brassées comme des cartes et lues dans l'ordre que le hasard offrira au lecteur, exception faite du premier et dernier « chapitres » intitulés comme tels.
Elégie et roman de l'amitié, Les Malchanceux est aussi une magnifique méditation sur la mort comme un portrait sans complaisance de son auteur, le tout empreint d'humour noir.
Avec quarante ans de retard, le lecteur francophone peut enfin découvrir cette uvre d'une originalité absolue.
Who is B.S. Johnson ? C'est un livre exceptionnel, qui vous tombe dessus sans ménagement et vous rappelle que certains écrivains, en leur temps, ont beaucoup osé. Par Laurent Bonzon, Livre & Lire (mensuel du livre en Rhône-Alpes), n°248, janvier 2010
B. S. Johnson, le monument On connaît mal B. S. Johnson en France. Pourtant, un courageux éditeur (Quidam) s'obstine, pour notre plus grand bonheur, à réparer cette erreur.
Par Olivier Renault, L'Arbre à lettres, janvier 2010
Lettre à un ami perdu Un journaliste, écrivain frustré, retourne dans les Midlands, où il est assailli de souvenirs. Avec la figure d'un ami disparu en toile de fond. Par Olivier Mony, Sud-Ouest, 13 décembre 2009
Match Box : BS Johnson pro defunctis Une uvre insolente, désespérée, métamorphique.
Par Claro, Le Clavier cannibale II (towardgrace.blogspot.com), 10 décembre 2009
Pièces détachées « Un livre dans une boîte. Pourquoi ? » Dans sa préface aux Malchanceux, Jonathan Coe s'emploie à réhabiliter un livre stupéfiant publié en 1969 sous la forme de feuillets détachés Par François Reynaud (Librairie Les Cordeliers, Romans-sur-Isère), Page des libraires, n°134, décembre 2009
Les boîtes. Il n'y avait pas grand-chose à raconter, mais ce pas grand-chose qui constitue la vie ordinaire, B.S. Johnson a su en faire une uvre rare.
Par Bartleby, bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com, le 8 décembre 2009
Modern Style Jonathan Coe continue de se battre pour que l'écrivain anglais B.S. Johnson, suicidé en 1973, sorte de l'oubli. Il signe la préface d'un petit chef-d'uvre obsessionnel et mélancolique à découvrir d'urgence. Par Elisabeth Philippe, Les Inrockuptibles n° 731, 2 décembre 2009
«Un livre unique et merveilleux, un classique.» Jonathan Coe
Mais je la connais cette ville ! Le vert, c'est bien cette salle des guichets, et ce long bureau en demi-cercle, cette claire-voie ironique, les carreaux de faïence bruns, et verts en dessous, rien n'a changé, même ces poutres martelées, purement décoratives, elles ne soutiennent rien, enfin au-dessus ! Je la connais cette ville ! Comment n'ai-je pas compris lorsqu'il m'a dit, Allez, tu couvres City, cette semaine, qu'il s'agissait de cette ville ? Tony. Ses joues au teint cireux, on dirait qu'elles s'écroulent, des os saillants, et ses gencives rétractées et même resserrées je dirais, les dents déchaussées quand il bâille, obligé, sa bouche, oui, cette bouche autrefois tellement charnue, comme le reste du visage, oui, et qui croule maintenant, qui s'écroule, les lunettes en étaient bien, avec leurs montures épaisses, l'unique repère, cette bouche ouverte comme un cri que l'on contrôle, un cri muet, la tête encore animée de légers mouvements, la salive blanche, sèche et visqueuse, les dernières sécrétions de ces glandes harcelées, cautérisées dans leur déficience, cette bouche qui ne se ferme plus que pour avaler une gorgée d'eau dans le verre posé près du lit, ce lit double, dans la maison de ses parents, le bungalow, de l'eau et du citron, aussi souvent que possible, à cause des effets du traitement sur ses glandes salivaires, à cause de la manière dont il s'était définitivement occupé d'elles. De lui