Né en 1963, Nick Barlay est l'auteur de Curvy Lovebox (1997), Crumple Zone (2000) et Hooky Gear (2001), une trilogie de « contes » urbains qui passent en revue le Londres underground contemporain. Ses romans ont été largement salués par la presse pour « leur je brillamment littéraire, leur mélange de réalisme et d'humour et leur subtile chronique de la culture sub-urbaine ».
Que faire quand votre mari est retrouvé mort dans une chambre d'hôtel dans des circonstances pour le moins incongrues ? Pour Joy Fisher, c'est l'évidence : il faut reconstituer le puzzle de sa vie cachée. Vincent travaillait-il au sein d'une entreprise de cosmétiques ou évoluait-il dans les eaux glauques des réseaux
criminels européens ? Sans s'en douter, Joy entame sa descente aux enfers dans les brumes de l'Allemagne et de la Belgique. Et le mystère de cette épouse à l'esprit noyé d'alcool et de psychotropes supplante peu à peu celui de son défunt mari...
C'est un vrai coup de poker que tente Quidam avec La Femme d'un homme qui : non seulement Nick Barlay est rigoureusement inconnu hors de Grande-Bretagne (où il a été adoubé par Granta), mais c'est la première fois que l'éditeur se frotte au roman noir. Barlay le fait-il au moins muter ? Au premier abord, le décor est plus vrai que nature : décès crasseux, errances dans les coins les plus glauques d'Europe du Nord (Leipzig, Putney, Charleroi, vous la sentez bien la bruine sur la nuque ?), galerie de parias dégueulasses, indices égrenés sur le bitume mouillé. A se perdre entre les méandres de sa conspiration molle et dans le babillage à la deuxième personne qui lui sert de narration, on se demande pourtant bien quel fan de Manchette ou David Peace va aller jusqu'à la dernière page. On va dire tant mieux. Par Olivier Lamm, Chronicart, n° 74, nov.-déc. 2012
Aussi déroutant que déjanté, puissant et addictif, le livre de Nick Barlay est un very bad trip (pour l'héroïne, Joy, anorexique et alcoolique, et son défunt mari, dont le jeu érotique a mal tourné) qui prend aux tripes. Mais un fascinant voyage pour le lecteur, même s'il est brutal et souvent inconfortable. Joy va mener sa propre enquête, qui l'amènera à frôler le spectre de l'enfer Par Ariane Valadié, Voici, 11-18 novembre 2011
Il était une fois, il y a deux jours, un homme qu'on retrouvait dans le fauteuil d'une chambre d'hôtel. L'homme était plutôt fort. Il était plutôt grand. Mais ses pieds étaient aussi petits que ceux de sa femme. Quelques poils de torse pointaient sur un corps autrement glabre et une ancienne marque de bronzage séparait la taille hâlée du bas-ventre plus pâle, comme le passé du présent. À l'exception d'une paire de collants noirs, il était nu. Dans sa bouche, un quartier d'orange, serré entre les dents. Naturellement, il était mort.
Les collants étaient à l'origine de sa mort parce qu'il ne les portait pas de manière traditionnelle, sur les jambes, mais entortillés autour du cou. Tendus, ils étaient attachés à un crochet fixé sur le mur derrière lui, un mètre environ au-dessus de sa tête.
Il n'était pas bien entendu le premier à trouver ainsi la mort. La plupart des fans d'asphyxie auto-érotique savent apparemment très bien qu'il n'y a qu'un poil entre pratique sexuelle sans risque et mort accidentelle. Cela dit, les statistiques sont de leur côté. Ils sont encore là pour en parler, une fois redescendus sur terre comme les adeptes du saut à l'élastique.
Le fan en question était un homme marié. Et cette engeance, apparemment, s'expose deux fois plus souvent que sa contrepartie féminine à ce genre d'accident fatal. Ce sont des touche-à-tout. Des as de la bricole. Qui s'emmêlent les pinceaux. Qui mettent les doigts là où il ne le faut pas. Des piliers de Bricorama. Alors, arriva ce qui arriva. À défaut de Black & Decker, ce fut Golden Lady.