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Le Jardin clos de Undine Gruenter

Traduit de l'allemand par Marielle Roffi
192 pages. 19 euros /
ISBN : 978-2-915018-18-9

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Undine Gruenter est née à Cologne en 1952, Elle a grandi dans des conditions familiales difficiles. Après des études à Heidelberg, Bonn et Wuppertal, et quelques allers et retours entre la France et l'Allemagne, elle s'installe définitivement à Paris avec son compagnon, Karl-Heinz Bohrer, spécialiste du surréalisme et à l'origine de la revue théorique Merkur.
Undine Gruenter se rattache plutôt à des auteurs comme Semprun ou Gombrowicz pour qui la fiction, et non la prose autobiographique, offre l'espace le plus propice à parler de soi. Elle est sans doute l'une des femmes écrivains les plus importantes de sa génération. Elle s'est toujours tenue à l'écart des médias. Malgré les dernières années de sa vie passées dans un fauteuil roulant, très gravement malade, elle est restée d'une grande gaieté et d'une grande sérénité intellectuelle jusqu'à la fin. Elle est décédé le 5 octobre 2002 à Paris.
Outre la Cache du Minotaure et le Jardin clos, Undine Gruenter est l'auteur de Ein Bild der Unruhe, roman (1986, Hanser). Nachtblind, nouvelles (1989, Hanser). Das gläserne Café, nouvelles (1991, Bollmann). Vertreibung aus dem Labyrinth, roman (1992, Hanser). Epiphanien, abgeblendet, prose (1993, Suhrkamp). Der Autor als Souffleur, journal (1995, Suhrkamp), Sommergäste in Trouville, nouvelles (2003, Hanser).
Le jardin est clos mais derrière ses murs, Soudain, un homme de 60 ans, y aime Équilibre, jeune femme « charmante comme la Vénus de Botticelli, une sylphide ». Ce jardin d'Éden aussi esthétique que théâtral lui est un écrin où contempler à jamais l'objet de son amour. Mais ce songe de l'un vers l'autre, ce rêve érotique entêtant, cet amour exclusif peuvent-ils prétendre à l'éternel ? Qu'apparaisse l'intrus et le bel ordonnancement est rompu. D'un couple défait, il reste pourtant encore l'histoire…
Le Jardin clos est un roman intemporel sur le bonheur qui perdure dans le souvenir comme dans le récit qui en est fait, par-delà la solitude, les déchirements et la séparation. Undine Gruenter livre là, en une langue mélancolique sans pareille, ce qui a fait l'essence de sa vie : l'imaginaire comme lieu du désir. « Que serait celui qui aime sans son imagination ? »

Une petite merveille
Librairie Graffiti, Waterloo, Bruxelles

Pour toujours
Par Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Point de vue, 12/06/07

Pierre Deshusses, le Monde des livres
«Ce livre est si bien fait, si bien écrit - si bien traduit --, il marie si subtilement l'abstraction et la réalité, l'anachronisme et la modernité, que l'on redoute à chaque page une brisure, une déception. Mais rien ne se brise -sauf l'amour. […] Mais il n'y a aucun désenchantement dans ce merveilleux roman où s'épanouit toute la grâce de l'intelligence et toute l'intelligence de la sensualité.»

Le jardin de l'amour : l'alchimie des sentiments de Undine Gruenter
Par Pierre Deshusses, Le Monde des livres, 12 juillet 2007

La perte d'Équilibre
Par Vincent Raymond, Livre & lire, n°225, le mensuel du livre en Rhône-Alpes, juin 2007

Tableau vivant
Méditation illustrée du grand mystère de l'amour, le dernier texte de Undine Gruenter se développe dans l'ombre d'un impossible art d'aimer.
Par Richard Blin, le Matricule des anges n° 83, mai 2007

Le Secret d'Undine
Par Jean-Maurice de Montrémy, Livres-Hebdo n°677

Roman cérébral à la manière d'un Remy de Gourmont, Le Jardin clos est une explosion philosophique et esthétique sur l'amour, le bonheur et le souvenir.
Par Nikola, Paludes 436 du vendredi 2 mars 2007, radio campuslille

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« Undine Gruenter est passée à travers le temps. Ses images continueront à vivre. Son œuvre survivra à toutes les saisons.»
Dorothea Dieckmann, Die Zeit

« Undine Gruenter a trouvé dans ce texte tardif son ton, désormais incomparable, un ton léger, élégiaque et mélancolique. »
Marcel Reich-Ranicki, Der Spiegel

Tout ce bruit qu'on fait autour de la virginité m'a toujours laissé froid. Je ne suis pas un immoraliste, mais la vertu ne m'intéresse pas. Quand mes petites sœurs se sont mises à parler de leurs règles en chuchotant, j'ai tourné la tête avec dégoût. Quand mes amis se sont mis à se vanter de leurs premiers succès attestés par des traces de sang sur des draps blancs, je me suis détourné avec dégoût. Je n'ai jamais compris à quel titre il faudrait perdre ou préserver une virginité. Qui plus est, la virginité est morte. Elle est morte sans qu'il n'y paraisse pendant les années soixante du vingtième siècle. Sa mort n'a pas été accompagnée de phrases pompeuses comme celle de ce Dieu soi-disant mort et qui, pourtant, toujours se relevait, tel un démiurge, et remplissait les églises. Son dernier voyage s'est fait sans fanfare, sans étendards ni drapeaux. Nous l'avons congédiée sans requiem ni marche funèbre, sans pluie ni pieds rougis par le froid. Elle avait été chassée depuis longtemps de ses demeures, les jardins virginaux, les couvents silencieux, les chambres blanches de jeunes filles qui ont meublé ses siècles. Des chambres aux rideaux de mousseline masquant l'extérieur, peintes en bleu pâle ou badigeonnées de blanc. Qui ne préservaient que des secrets dans lesquels toute mère aurait pu fourrer le nez en ouvrant un tiroir. Elles ont disparu. Le mot jeune fille a longtemps porté le deuil les jours de noces, bien que l'on continue à exhiber des robes blanches aux portes des églises.
10/10/07
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