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Imelda
John Herdman
(traduit de l'anglais par Maïca Sanconie)

155 pages, 15 €

ISBN : 2-915018-16-2

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© David Lawson
John Herdman est né à Edimbourg en 1941. Diplomé de Cambridge où il a effectué ses études supérieures, il a été très impliqué dans la question du nationalisme écossais, tant sur le plan politique que littéraire, époque retranscrite dans Poets, Pubs, Polls and Pillar Boxes (1999).
Herdman est reconnu à la fois comme romancier, nouvelliste, dramaturge et critique. Ses principales œuvres romanesques sont Four Tales, Imelda, Ghostwriting et The Sinister Cabaret. John Herdman a été décrit comme « le véritable successeur de James Hogg et R. L. Stevenson ». Son œuvre est empreinte d'une obsession particulière liée à la thématique de la dualité (il a d'ailleurs publié une étude sur le Double dans la littérature du dix-neuvième siècle). Herdman est également l'auteur d'une des toutes premières études sur les chansons de Bob Dylan (Voice without restraint). Il est marié et vit dans le Highland Perthshire.



Qui est le père de l'enfant d'Imelda ? Dans ce récit palpitant, iconoclaste et tragique, John Herdman remonte le temps dans une double narration où deux discours contradictoires se superposent et s'entrecroisent, à l'image de la folie qui tisse sa toile tout au long du roman, emprisonnant Imelda dans ses longs fils vénéneux. La grandiloquence des narrateurs est à l'image de leur chute ou de leurs vices, dénonçant une société passéiste, mortifère et fondamentalement hypocrite. Le style de Herdman entretient cette dualité, dans une langue très construite où la noblesse des mots est érigée en système pour masquer la réalité. Le lecteur évolue à l'intérieur de cette structure, cherchant à entrevoir la vérité entre ces brillantes facettes. On songe à l'écriture dense et ironique de Nabokov dans La Méprise, à son jeu sur les conventions littéraires. Ici aussi, le lecteur est entraîné dans une illusion.
Qui détient la vérité ? Le lecteur ou l'un des personnages ?

L'avalanche des 683 romans de cette rentrée littéraire ne doit pas faire oublier tous les bons livres parus quelques mois plus tôt, parmi lesquels le magnifique Imelda de John Herdman. Que s'est-il donc passé au manoir de Lemington ? Qui est le père de l'enfant d'Imelda ? De quoi est vraiment mort son fiancé Hubert ? Deux narrateurs donnent leur version des faits : le premier est schizophrène, le second prêt à n'importe quel mensonge pour sauvegarder sa réputation et celle de sa famille. Où se cache la vérité ? Et si, justement, la vérité n'existait pas ? On ne peut qu'admirer ce jeu de piste brillantissime, digne de Nabokov, où les conventions littéraires explosent, cédant le passage à la folie et à la puissance de l'illusion.
Librairie Georges, Talence

Double jeu
Avec la découverte d'Imelda, exercice vertigineux qui nous emmène dans l'ambiguïté de la vérité, du mensonge et de la folie.
Par Baptiste Liger, Lire, juin 2006

Un coup de maître qui fascine
Par Bernard Quiriny, Chronic'art, juin 2006

Une belle découverte
Epok n°38, 2-8 juin 2006

Un grand plaisir de lecture
Par François Reynaud, Page de libraires, juin-juillet 2006

Mais qu'est devenue Imelda?
Nikola-d, Amazon.fr 10 Jui 2006


« C'est une belle construction, vénéneuse et sournoise, pleine de chausse-trapes et de faux semblants. On n'est finalement jamais exactement là on croit être et ce domaine de Lemington finit par vous avoir des airs de pays des merveilles carrollien. Les registres des deux témoignages, de l'échange épistolaire ainsi que de l'intervention du chroniqueur sont finement contrastés et, à force de nous faire tourner girouette, parviennent à leur but ultime : nous convaincre de la puissance et de la fausseté intrinsèquement liées du langage. »
Nikola Delescluse, Paludes, Radiocampus Lille, 16 juin 2006


« La lecture d'Imelda se révèle passionnante.... C'est un conte dérangeant, grotesquement comique, intense et irrésistible... Imelda est une saississante étude psychologique, et montre Herdman à son meilleur. »
Brian McCabe, The Scotsman

« Imelda s'affirme immédiatement comme un conte saisissant et passionnant. »
Tom Adair, Scotland on Sunday

« Herdman est maître d'une voix singulière et sèche, à l'humour grotesque.... Imelda entremêle à la perfection le mesquin et le paranoïaque, le pathétique et la vantardise, le crédible et l'incroyable... Herdman mérite bien plus que d'être reconnu : ce subtil petit chef-d'œuvre de maîtrise fera son chemin pour l'établir comme l'un de nos romanciers les plus pertinents. »
Douglas Gifford, Books in Scotland

« Imelda est une histoire sombre et tragique... cauchemardesque - reste qu'elle demeure absolument irrésistible. »
Angela Finlayson, Chapman

« L'écriture de Herdman est une fête intellligente et inventive.»
Julie Morrice, Scotland on Sunday


Je ne me souviens guère d'une époque avant Imelda. Les inondations du 12 août 1948 : Ça, en revanche, je m'en souviens. La Fintrace Burn s'est transformée en torrent rugissant, la Whitadder en océan, la noue s'est recouverte de vastes lacs où les grands arbres formaient des îles, et la plaine de la Merse ressemblait à un bayou de la Louisiane. Mon père nous a emmenés dans sa nouvelle Austin, mon frère et moi, pour voir les dégâts. Les ponts brisés et les fermes en ruine me rappelaient les tours effondrées d'Ilion, mais tout ce que cela évoquait pour Hubert, c'étaient des bombardement allemands et des barrages détruits. Je nous revois tous les deux, moi perdu dans l'émerveillement muet d'une enfance quasiment frémissante de sensibilité et d'éveil, et Hubert, rouquin trapu, copieusement couvert de taches de rousseur, le genre qu'on imagine se balancer de branche en branche en braillant comme un crétin, avec ses mugissements supersoniques et ses imitations de boue qui gicle lorsqu'il prétendait faire croire que sa main droite était un avion - un exercice bien évidemment prédestiné à l'échec.
Je n'avais que sept ans à l'époque, remarquez bien, et lui huit et demi. Il était complètement obsédé par les avions et les combats aériens, et son grand rêve était de s'engager dans la RAF pour faire son service militaire - il fut amèrement déçu lorsque cet espoir s'évanouit. Il avait même tenu à ce qu'on appelle notre bouledogue « Wing Commander ». Un peu plus tard dans notre enfance, il s'est mis à fabriquer des maquettes d'avions avec du bois de balsa. Je sens encore dans les narines de ma mémoire la détestable et pénétrante puanteur de la colle qu'il utilisait, et j'entends ses grognements poussifs tandis qu'il s'efforçait de se concentrer pour faire obéir ses doigts maladroits et boudinés, car sa dextérité manuelle était quasi inexistante. Une fois terminés, les objets étaient toujours imparfaitement réalisés, souillés de traînées de colle séchée, et je me souviens avec une aversion particulière de leur obscène légèreté comme de leur futilité. Il m'est arrivé d'en briser une délibérément, par pur dégoût : j'ai prétendu qu'en tirant un volume de l'Encyclopédie des Enfants d'une étagère au-dessus de la table où était posée la maquette, j'avais malencontreusement déplacé l'autre volume, qui avait chu sur le précieux chef d'œuvre. Je vois encore les grosses larmes silencieuses couler de chaque côté du nez d'Hubert, noyant ses taches de rousseur. La maquette lui avait coûté quatre semaines de labeur.
24/04/07
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