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Grande Ourse de Romain Verger

90 pages, 12 €

ISBN : 2-915018-13-8

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Romain Verger est né en 1972 en banlieue parisienne. Depuis 1990, de nombreux poèmes ont paru en revues : Le Nouveau Recueil, La Polygraphe, Décharge, Passage d'encres, Pleine marge, Friches, Contre-allées, Arpa, Diérèse… Il a enseigné la littérature à l'Université Paris X (Nanterre), puis en lycée et en collège. En 2003 paraît Premiers dons de la pierre (éd. L'improviste), un recueil de poèmes accompagné de dessins, inspiré des représentations pariétales de la Grotte Chauvet. En 2004, il tire un essai de sa thèse de doctorat sur Henri Michaux : Onirocosmos (éd. Presses Sorbonne Nouvelle), travail d'inspiration narratologique, psychanalytique et psychiatrique. Zones sensibles est son premier roman.
On peut découvrir son travail de plasticien sur le site www.rverger.com .
Grande Ourse (roman païen) de Romain Verger

Venu d'un ailleurs paléolithique et seul parmi les glaces, Arcas est condamné à survivre et retrouver les siens malgré le froid et la faim. Quant à Mâchefer, c'est un modeste employé à la Galerie d'anatomie comparée du Jardin des Plantes. Fasciné par la minéralité des grands corps fossiles dont il a la garde, il ne songe, dans son délire anorexique qu'à épurer le sien à leur ressemblance.
Qu'ont en partage ces deux personnages que 35 000 ans séparent ? Qui sait si nous ne gardons pas la mémoire organique et mimétique des terreurs ancestrales ?

Ce glissement hors de la réalité habituelle que Romain Verger maîtrise à merveille
Par Jacques Morin, Décharge, n°138.

Entrailles
Par Feint, critiqueslibres.com le 25 mai 2008

A la frontière de la rationalité apparente avec celle du fantastique
Par Alain Helissen, Diérèse n°39, hiver 2007

INTERVIEW ROMAIN VERGER
Propos recueillis par Anne-Sophie Demonchy

« C'est une fable sur la dévoration […] Une première partie époustouflante, ébouriffante… C'est d'une puissance d'évocation très, très rare. »
Pascale Casanova, France Culture, les Mardis littéraires, 8 avril 2008

« Une puissance imaginative qui nous emporte […] Une prise de risque narrative qui amène à un dénouement totalement imprévu.»
Alain Nicolas, Responsable des pages littéraires à
L'Humanité in les Mardis littéraires, 8 avril 2008

Un roman puissant et mystérieux
Par Anne-Sophie Demonchy, lalettrine.com 12 mars 2008

Un livre déroutant, dérangeant et des plus originaux.
Par Bénédicte Heim, livres-addict.fr, janvier 2008

L'homme qui a vu l'Ourse
Par Fausto Maijstral, table-rase.blogspot.com, 17 décembre 2007

« Vider ce charnier de mots qui n'en finit pas de moi »
Par Sylvie Lécuyer, 15-11-2007

La chair à blanc du livre
Par Georges Bénaily, 11/10/07

Nikola Delescluse, Radio Campus Lille, Paludes n° 460, 19 octobre 2007

ecouter la critique

« C'est moins dur que de marcher sur des braises » (Romain Verger)
Par Dominique Dussidour, remue.net, 8 octobre 2007


Trois jours qu'ils n'étaient pas revenus. Alors, malgré le blanc qui recouvrait tout, Arcas finit par sortir. L'entrée obstruée laissait encore filtrer la lumière. Il creusa un peu dans le jour pour s'y faufiler. Il avait depuis neigé sans cesse - une neige lourde de crécelles - et maintenant qu'il faisait face à cet autre monde où les repères s'étaient enfoncés, il pensa qu'il s'en était fallu de peu qu'il se retrouvât enseveli, condamné à attendre une improbable fonte. Quand s'abattait l'hiver, c'était pour des années. Il brisait d'abord les arbres ployant sous la neige : de grands bâtis craquant dans la nuit, un vrai saccage de verre. Les sources les plus vives se figeaient en moraines, puis les pierres se fendaient, des plus petits cailloux aux plus gros blocs, fissurés d'un trait net, se libérant en claquant d'une insupportable tension. Et jusqu'à la glace même. Il fallait quotidiennement déneiger, dégager l'entrée, sans quoi la croûte s'épaississait en quelques jours, formant un mur infranchissable. Ils n'étaient pas trop de douze pour lui résister, se nourrir, se réchauffer. Et à présent, il se retrouvait seul.
D'entre ses jambes fuyaient de fraîches empreintes d'aurochs, de hyènes, de cerfs, de petits rongeurs aussi, dans une course figée ; mais rien de la présence des siens, nulle trace. Plus d'horizon non plus : la terre et le ciel étaient de la même pâte blanche, meringuée, cassante. Les arbres les plus frêles s'étaient déjà couchés, comme si, pesant de tout son poids sur les reliefs, le ciel avait tassé le monde. De ce paysage varié et familier, fait de montagnes, de forêts, de plateaux fertiles et de tombants, il ne reconnut rien, s'effrayant même ; l'obscénité de son corps debout jurait avec le fond : une saillie de chair chaude et tremblante, ridiculement sentimentale, jetée en pâture à l'horizontalité glacée. C'est qu'il pleurait, d'une tristesse sans objet, et dont le froid bridait l'expression, des pleurs sans larmes, les yeux secs. Il y avait quelque chose d'horriblement médiocre à le voir s'y tenir.

14/06/08
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