La Femme du métro de Mènis Koumandarèas Traduit du grec et postfacé par Michel Volkovitch
80 pages. 10 euros ISBN : 978-2-915018-46-2
Mènis Koumandarèas, né en 1931, est considéré comme l'un des meilleurs prosateurs grecs vivants. Il est également l'auteur de sept romans (La Verrerie, Le Beau Capitaine notamment), cinq recueils de nouvelles et deux volumes d'essais. Il a entre autres traduit McCullers et Fitzgerald, et reçu deux fois le Prix d'État pour le roman.
Fin d'hiver dans l'Athènes des années 70. Une femme mariée de quarante ans et un étudiant de vingt ans se retrouvent tous les soirs dans le même métro. Brève rencontre, amour impossible.
Une histoire toute simple en apparence, racontée par l'un des grands romanciers grecs, Mènis Koumandarèas, qui déploie là ses thèmes de toujours : beauté de la jeunesse, hantise du vieillissement, vies gâchées, mélancolie, amertume.
Un écrivain au sommet de son art et un portrait de femme inoubliable.
L'Amour contre toute attente Ce récit qu'on lira d'une traite et en une heure de temps nous saisit de manière sourde et lancinante ( ) Un petit joyau. Par Marc Villemain, Le Magazine des livres, n°26, septembre-octobre 2010
La petite musique de Madame Koùla. Mènis Koumandarèas écrit, dans les années 1970, ce bref roman qui fait vivre avec une grâce et une sensibilité rares un magnifique personnage d'amoureuse.
Par Eléonore Sulser, Le Temps (Suisse), 14 août 2010
Madame Koùla, c'est moi. Mènis Koumandarèas : petit éloge des femmes mûres. Depuis le début des années 60, les récits de Mènis Koumandarèas composent un portrait vivant et fidèle de la Grèce contemporaine. Petit bijou datant de 1975, La Femme du métro est désormais disponible en français : une éducation sentimentale doublée d'une odyssée miniature. Par Corina Ciocârlie, Le Jeudi (Luxembourg), 29 juillet 2010
Athènes, dans les années 70. Koulà, femme mariée de 40 ans et Mimis, jeune homme de 20 ans, se croisent tous les jours sur la même ligne de métro. Cela commence par des regards, un « Bonsoir », puis par des conversations sur la famille, le travail, la vie. Ils sont irrésistiblement attirés l'un par l'autre et vont devenir amants.
Cette brève histoire qui pourrait être des plus banales nous est livrée avec un ton juste et mélancolique à la fois. On y retrouve les deux grands thèmes chers à l'auteur: le charme de la jeunesse et la hantise du vieillissement.
La qualité et la puissance de ce texte, écrit par Ménis Koumandaréas en 1975 en font un classique de la littérature grecque. Béatrice, librairie La Machine à lire (Bordeaux)
Ce texte a d'abord été traduit en anglais en 1991. « La Femme du métro est un texte qui se déploie presque exclusivement dans des interstices entre attente et souvenir, futur et passé. Ce qui donne au livre sa résonance est ce sentiment presque douloureux du fortuit, comme si les événements, une fois mis en branle, nous entraînent vers l'inattendu. »
David L. Ulin, The Los Angeles Times
Madame Koùla rougit soudain. Elle faillit répondre, se ravisa, baissa les yeux. Excusez-moi, la devança-t-il, je vous ai choquée ? Cela vous ennuie que je vous tutoie ? Ses yeux brillaient, il regardait ses lèvres. Non, dit Koùla sans lever les yeux, je n'avais même pas remarqué... Les filles de mon âge ne m'intéressent pas, avoua-t-il avec chaleur, elles m'ennuient ; avec vous j'ai l'impression que j'ai un tas de choses à dire, et plus encore à apprendre ; j'aime être avec vous, je ne sais pas si c'est réciproque. Koùla gardait les yeux baissés. Ses doigts tortillaient la bandoulière de son sac. Elle le tenait comme si c'était son dernier rempart. Eh bien, Koùla, dit-il - pour la première fois il l'appelait par son prénom -, quand veux-tu qu'on sorte ensemble ? Vraiment ? Elle releva la tête, éberluée, quand voudrais-tu ? Pourquoi pas ce soir ? dit-il, pris d'un fol espoir. Non, pas ce soir, le rabroua-t-elle sévèrement, un autre jour. Alors demain, après-demain, dit-il vivement, dès que possible. Ses yeux avaient la fièvre, et ses lèvres, remarqua-t-elle, étaient humides. Elle compta les jours sur ses doigts. Après-demain, dit-elle timidement. Après-demain, approuva-t-il. En amis, dit-elle encore sévèrement. En amis, reprit-il comme un petit garçon. Le métro arrivait à Nèa Ionìa. Bonsoir, Koùla. Bonsoir, Mìmis.