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6/09/11
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Dompter la Bête
de Ersi Sotiropoulos
Traduit du grec par Michel Volkovitch

240 pages.
20 euros
ISBN : 978-2-915018-58-5


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Ersi Sotiropoulos, née à Patras en 1953, a fait des études d'anthropologie en Italie où elle a longtemps vécu avant de s'installer à Athènes. Elle a publié, depuis 1980, cinq romans, une novella, trois recueils de nouvelles et un recueil de poésie. Son roman Zigzags dans les orangers (Maurice Nadeau, 2003) a reçu le Prix d'État et le Prix de la revue Diavàzo en 2000. Ersi Sotiropoulos est traduite en plusieurs langues.

Loin des élans révolutionnaires de sa jeunesse, Àris Pavlòpoulos, conseiller particulier d'un ministre, jouit d'une existence confortable à Athènes en dissimulant ses zones d'ombre : l'obsession du sexe et l'ambition refoulée d'être reconnu comme poète. Une manifestation littéraire consacrée à son œuvre et un voyage en Espagne, hanté par le symbolisme sexuel de la tauromachie, lui offrent l'occasion de satisfaire tous ses désirs. Mais dans la vie de Pavlòpoulos, rien n'est conforme aux apparences... surtout quand un jeune voyou le poursuit dans les rues d'Athènes comme son ombre.
D'une écriture rigoureuse et inventive, tragique sans négliger l'aspect comique et même grotesque des choses, Dompter la bête dissèque le comportement d'une élite tout en abordant des questions morales et existentielles. Un roman qui se lit d'un trait.


Dompter la bête ou la tauromachie du souvenir.
Entre une maîtresse sexy, la ville d'Athènes aux mille cohues, les excentricités d'une mère « ex » alcoolique, la rédaction d'un poème qui doit faire mouche et un bien maigre pot de vin, le lecteur de Dompter la bête, fait face au parcours d'un cinquantenaire en proie à la mélodie des souvenirs qui, lentement, refait surface.
Par Amélie Dewez, Laboratoire d'histoires ou expériences hirsutes (http://amedewez.wordpress.com/), 8 août 2011

Une fin […] excellente, tragique on s'en doute, mais surtout pleine de dérision.
Par Edith, les Muses à tremplin (http://lesmusesatremplin.blogspot.com/), 16 juillet 2011

En Grèce, c'est-à-dire partout
Sur la couverture, la tête rouge d'un taureau donne une idée de l'animal qu'Aris, héros du roman, doit dompter. Cette bête a pourtant des faces multiples et nous n'en dirons pas trop sur elle. Disons qu'elle a à voir avec certaines pratiques érotiques du personnage, et avec la poésie, un poème qu'il veut écrire en particulier.
Par Norbert Czarny, la Quinzaine littéraire, n°1040, du 16 au 30 juin 2011

La Chute d'un politique en rut
Intelligent, grotesque et singulier.
Par Marguerite Baux, Grazia, semaine du 17 au 23 juin 2011

Une voix féminine grecque sacrément culottée, servie par une superbe traduction !
Par Pascale Arguedas, Calou, l'ivre de lecture (calounet.pagesperso-orange.fr/), 15 juin 2011

Ersi Sotiropoulos : "Etudier les mouvements intérieurs de la conscience"
Par Florence Noiville, le Monde des livres, 9 juin 2011

Les femmes incarneraient-elles renouveau de la littérature grecque ? Ersi Sotiropoùlos nous tend le miroir à peine déformé d'une élite en pleine déréliction, tant morale que politique, qui échoue à dompter la bête.
Par Veneranda Paladino, Dernières Nouvelles d'Alscace - Reflets, n°337, 28 mai 2011

Chaque page, chaque phrase, comme une caméra à l'épaule : surprenante, séduisante… parfaite
Par Violaine Binet, Vogue, n°918, juin/juillet 2011

Conduite Arìs
Un homme politique grec tente de satisfaire ses deux maîtresses, dont une est la poésie
Par Claire Devarrieux, Libération, 26 mai 2011

Par Nikola Delescluse, Paludes 596 (Radio Campus Lille),  vendredi 20 mai 2011

Un excellent roman où se retrouvent tous les ingrédients du noir, des farces macabres du destin aux croquis sanglants des mœurs, pratiques et fantasmes des sociétés bourgeoises. […] Il va de soi que l'on ne peut entrer dans ce livre que pour ne pas le lâcher. Recommandé.
Par Daniel Bégard, Olé !, n°494, mai 2011

Par Carol Elkouri, Le Tour d'Europe en 80 livres (Euradio Nantes 101.3FM),  jeudi 5 mai 20111


Dompter l'indomptable
Dans le ton, dans le traitement, dans « l'emboîtage » des différents éléments, Sotiropoulos, en bonne équilibriste, évite tous les clichés, tous les écueils, et au final, il sera difficile […] de ne pas être conquis par ce roman.
Par Guillaume Contré, L'escalier des aveugles (http://escalier-des-aveugles.blogspot.com/), 4 mai 2011


Dans l'écume crépitante des mots, Aris fait sienne la fin du Gatsby de Fitzgerald : « C'est ainsi que nous nous débattons, comme des barques contre le courant, sans cesse repoussés vers le passé. ».
Par Raphaël Nieuwjaer, Let's motiv (Culturel gratuit - Bordeaux), n°20, mai 2011

Corrida.
Un politicien-poète athénien dans les filets d'une vie de désirs et d'illusions gâchées.
Par Véronique Rossignol, Livres Hebdo, n°860, 8 avril 2011

Les yeux fermés, la lumière chatouillant ses paupières, Àris cherchait son portable. Il tira le drap, fouilla les replis mous de la couverture, sa main effleura sa poitrine chaude et suante. Puis il attrapa quelque chose de dur dépourvu de clavier et comprit aussitôt qu'il tenait sa queue. Il sourit et se rendormit. Dans son rêve il eut une formidable érection, une trique somptueuse, miraculeuse qu'il ne voulait surtout pas laisser filer. Mais sa bouche était sèche, sa langue restait clouée au palais et il crut s'entendre grincer des dents, elles grinçaient près de son oreille, fragiles, branlantes. Il fut pris de panique. Avait-il oublié de mettre sa gouttière ? Sa femme venait de lui en offrir une mais ce jour-là il ne la portait pas.
- Coucou...
Àris changea de côté. En ouvrant les yeux, il aurait vu devant lui Penny habillée, maquillée. Prête à tout, depuis la sortie en boîte jusqu'à l'expédition dans le désert des Tartares.
- Coucou, bébé, réveille-toi !
- Je crois que mon portable a sonné, dit-il, sa trique battant faiblement des ailes.
- Mais non, dit l'autre.
Il ouvrit les yeux. Penny, radieux sourire, dents étincelantes.
Une fille canon. Toute à lui.
- Tu me passes mes lunettes ?
La jeune femme se pencha, ramassa les lunettes sur le sol et monta sur le lit, tirant la couverture puis s'agenouillant devant lui.
- Alors ? demanda-t-elle, le visage encore caché derrière son sourire.
- Viens, dit-il. Il l'attira, la serra contre lui. Cette cicatrice pâle comme une arête de poisson sur sa nuque, il ne l'avait jamais remarquée. Il faut que tu partes la première, murmura-t-il, et il la mordit au lobe de l'oreille.
- J'y vais, dit-elle. Elle se dégagea et se leva.
- Penny, souffla-t-il.
Elle avait déjà quitté la pièce.
Tandis qu'il s'habillait, son globe oculaire gauche se mit à trembloter. Ou plutôt sa paupière. Une brûlure à l'intérieur de l'œil et une contraction régulière qui s'étendait au nerf optique. La partie gauche de son visage était engourdie. Il chercha un Lonarid dans sa poche, mais la boîte qu'il trouva était vide.
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