Rêveur raconteur, le Capitaine est l'une des figures du bar Chez Pedro. Le soir, Jimmy, ex-grutier sans emploi, s'installe pour boire à ses côtés, l'écouter et prendre place dans l'étrange chronique collective dentelée de disparus, d'énigmes, de voyages et de coups du sort de ce petit port de Bretagne.
Autour d'eux bourdonnent d'autres voix qui se perdent : chasseurs, boulistes et solitaires qui n'ont trouvé meilleur refuge pour fuir la canicule qui sévit. Pas de quoi entamer le débit du Capitaine, qui s'en va parler aux morts du cimetière d'en face dès que les vivants semblent un peu moins attentifs à ses propos. En cet été torride, la vie s'effiloche plus vite que d'habitude. Les plus faibles tombent, d'autres s'éteignent à petit feu, emportant avec eux des pans d'histoires et de solitudes que le narrateur de Cloués au port s'attache à restituer.
Le capitaine et le grutier Ça bouge, c'est coloré, c'est plein de matière et de grain ; sans doute est-ce pour cela que c'est grave et riche.
Par Emmanuel Malherbet, Le Chemin des livres, n°21, mai 2011
Un beau texte. Tenu de bout en bout par une écriture réfléchie. Par Georges Guitton, Place Publique, mars-avril 2011
Port d'attaches Rude mais beau voyage initiatique, voire métaphysique, au pays d'un conteur qui connaît ses classiques et s'est nourri des récits de Conrad, Melville ou autre écrivain-voyageur. Par Sophie Patois, Le français dans le monde, n°374, mars-avril 2011
Arrachés au noir
Qu'elle évoque les vies éteintes des marins cloués au port ou qu'elle ramène d'un voyage au Kazakhstan des portraits saisis dans l'instant, l'écriture de Jacques Josse lie les vivants aux morts.
Par Thierry Guichard, le Matricule des anges, n°121, mars 2011
Lyrique, touchant, poétique.
Par Frédéric Tué, librairie L'Odyssée (Saint-Malo), 10 février 2011 Lyrique, touchant, poétique, ce court roman nous fait découvrir une Bretagne discrète mais réelle, où la mer omniprésente finit par vous laisser un goût de sel sur les lèvres. Le Capitaine, marin sans navire contraint de rester à terre, est un personnage taillé dans le granit que vous n'oublierez pas de si tôt ! Frédéric Tué
La laveuse et le palabreur, figures des grands passages
On sait gré à Jacques Josse de nous arracher à la pesanteur des choses établies par la séparation auquel on croirait presque par instants. Chacun de ses textes nous emmène d'une main amicale et qui connaît son affaire vers les territoires habités par des récits où soufflent le vent et la géographie. Eux, les récits, peu leur importe d'être racontés par des morts ou par des vivants, ils n'ont pas besoin de ces délicatesses pour se faire entendre.
Par Dominique Dussidour, Remue.net, http://remue.net/, 12 janvier 2010
On en redemande
Par Gérard Lambert-Ullmann, librairie Voix au chapitre (Saint-Nazaire), 5 janvier 2011
Le palabreur apprécie ce frêle acolyte. Il aime sa retenue, sa discrétion et son sens de l'écoute. À soixante-quinze ans, il compte à son actif, outre l'âge et la carrure, une flopée de voyages, de lectures et de rêves plus ou moins éveillés que son voisin ne peut espérer atteindre. Il lui parle en particulier. Il lui tape sur l'épaule. Se remémore de vieux épisodes :
« Jimmy, du temps où tu tournoyais dans les airs comme un oiseau en cage, on avait peur, nous ici, que la mécanique soudain défaille à cause des vents fous et que tu finisses aplati, rétamé, réduit en becquées fines, idéales pour le hors-d'oeuvre des goélands nichant sur l'île d'en face. »