Minés
Par Feint, critiqueslibres.com le 1 avril 2009
Seize nouvelles sous ce titre ironique et pluriel : Romantiques. Le sous-titre, Histoire de l'amour, ne manque pas de saveur non plus, à la lecture. Car les histoires "d'amour" ici racontées ne donnent certes pas envie de les vivre -certaines feraient même plutôt froid dans le dos. C'est d'ailleurs le cas dès la première, « Romantiques », qui donne son titre au recueil. On suit des personnages, un couple, leurs vacances - on les suit, intrigué, on se demande où l'auteur nous emmène -, ils sont en voiture, ils s'arrêtent. Bien sûr il ne faut pas raconter la suite, la fin, non pas pour ne pas dévoiler la chute, car de chute, au sens qu'on attribue à ce mot, il n'y en a pas vraiment (tant mieux pour moi : les chutes en fin de nouvelles, on les attend trop pour qu'elles restent inattendues) ; pas une chute donc, mais quelque chose de plus intime, quelque chose d'une sauvagerie inouïe caché jusque-là sous les apparences polies par les relations sociales, qu'un hasard révèle. Car sous l'illusion du quotidien le plus lisse se cache, dans toutes ces nouvelles, quelque chose qui, le plus longtemps possible, n'apparaît que comme un trouble, ressenti par le lecteur sans qu'il puisse mettre un nom dessus. C'est qu'Annette Mingels ne lui montre pas d'emblée toutes ses cartes, au lecteur. Quelque chose de non dit mine ses personnages, une relation, une parenté entre eux qui nous échappe, dont les indices discrets sont retardés avec art ; une faute ancienne qui reste sous silence ; un crime possible qui vient de se commettre à l'instant et nous a échappé.