Paru il y a vingt-cinq ans aux Etats-Unis, Lithium pour Médée révèle l'insolent talent de Kate Braverman. Par Florence Cottin, sitartmag.com, juillet 2006
Largement autobiographique, cet ovni littéraire ne peut laisser indifférent. Minée par sa solitude et noyée dans ses dépendances, la jeune narratrice raconte sa lente déchéance, résultat d'un dysfonctionnement polymorphe - familial, amoureux, psychique Difficile avec un tel sujet d'éviter le témoignage clinique ou les confessions larmoyantes. Or la romancière ne tombe pas dans le piège. Son écriture hallucinée reflète de manière paradoxalement réaliste l'implosion de Rose et c'est ainsi l'osmose totale entre forme et fond qui impressionne et donne sa vraie puissance au roman.
Abondance de métaphores, pléthore d'adjectifs, phrases débridées ; l'influence des auteurs de la Beat Generation et des surréalistes est certes évidente mais Kate Braverman possède une voix unique, brillamment analysée par Rick Moody dans sa très belle préface. Sa conclusion sera la nôtre : « Après une expérience de la sorte avec un livre, on est redevable à jamais, car la vérité et la compassion/compréhension sont des qualités rares dans le monde littéraire.» Florence Cottin www.sitartmag.com/braverman.htm