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On est touché dans ce livre.
Par Pascale Petit, CCP (Cahier critique de poésie), n°20, octobre 2010

On est touché dans ce livre, par l'ombre et la lumière, par la poussière du temps et le rouge de la ville de Bologne où nous emmène John Berger avec une sorte de douceur - sans le dire. On le suit, on lève la tête vers ces stores rouges qui donnent leur titre au livre et on « rêve à ce qu'il y a de l'autre côté ». Par touches successives, John Berger fait le portrait d'un oncle d'« une intelligence royale et délabrée » qui avait le goût de l'épistolaire - autrement dit des choses dites (et non dites) à une seule personne. Au fil des pages, l'auteur nous conduit vers cet endroit où le livre et la ville se confondent - sous le dôme de Paviglione. Où entre deux pilastres deux personnes peuvent s'entendre très distinctement - et elles seules - malgré la foule qui les entoure. Le lecteur peut percevoir alors lui-même ce phénomène acoustique qu'on pourrait appeler comme le dit l'auteur « cri murmuré ».

Pascale Petit

28/02/11
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