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L'Espagne sous un nouveau jour, entre guerre et conflits intérieurs.
Par Ceccile Fonfreyde, actualitte.com 20 septembre 2009

On se souvient de la guerre d'Espagne, qui, trois ans avant la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, opposa les « nationalistes » aux républicains espagnols qui regroupaient tout à la fois communistes, socialistes, républicains et anarchistes. Tout cela est bien vague et lointain. Quand on a vu Land and Freedom de Ken Loach, on se souvient un peu plus précisément que des Brigades Internationales se sont portées au secours des antifascistes.

Dans Un plat de sang andalou, David M. Thomas raconte l'histoire d'un jeune Gallois au nom imprononçable, ancien de la British Library, et d'un ex-pilote de la Luftwaffe qui s'est écrasé en Andalousie en juillet 1936 qui se retrouvent à seconder un mystérieux Jefe commandant une brigade dans le port andalou de Alméria.

Le roman nous plonge dès les premières lignes dans cette ambiance cosmopolite que l'on imagine avoir été celle des Brigades Internationales où les mots fusent en espagnol, en italien, un peu plus rarement en anglais et en allemand, selbsverständig ! David M. Thomas choisit de rallier ses lecteurs à la cause du Jefe.

Vous savez de quoi il s'agit, vous êtes vous-même combattant, pas besoin d'explications ! Les débats politiques s'enveniment. Les questions stratégiques enflamment les conversations. Et on suit tant bien que mal ces échanges qui finissent par nous passionner au point que l'on oublie que l'on ne parle pas un mot d'espagnol, coño !

D'innombrables dialogues, quelques fois un peu longs, des descriptions de paysages et de repas qui donnent l'eau à la bouche : on boit du pacharán, on mange des churros, tout cela contribue à faire de ce texte le support à nos rêveries de lecteurs un peu fatigués de ces interminables dialogues qui rendent bien compte de cette ambiance surchauffée qui devait régner au sein des ces brigades. On imagine facilement l'excellent film que l'on pourrait adapter de ce roman.

Tous ces débats s'accumulent avec peu d'éléments, malgré tout, à quoi se raccrocher pour replacer dans le contexte historique les événements évoqués. Cependant, une intrigue bien ficelée nous rend les personnages attachants au point que l'on craint pour leur vie et que l'on tourne fiévreusement les pages de leur procès au moment où il n'était pas bon être trotskyste aux yeux des envoyés de Moscou.

La quatrième de couverture nous annonce qu'Un plat de sang andalou est le premier volet d'une trilogie qui couvrira la guerre d'Espagne, la période de la Seconde Guerre mondiale et la dictature de Franco. Saluons l'ambition et l'envergure de ce projet. Le premier tome est assez enthousiasmant par son énergie et sa fougue. Les péripéties et les rebondissements se succèdent à un rythme effréné. On attend avec impatience les deux prochains volets de cette œuvre ambitieuse entreprise par un Gallois né en 1959 qui écrit en français et vit à Limoges.

Chapeau !

http://www.actualitte.com/dossiers/602-plat-sang-andalou-David-Thomas.htm


28/09/09
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