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No pasarán
Cet étonnant roman sur la guerre d'Espagne a été écrit en français par un Gallois. Il est le premier d'une trilogie consacrée au combat des Républicains.
Par Marie Hirigoyen (le Jardin des lettres à Craponne), Page des libraires n° 131, septembre 2009

Almeria tient bon. Même si Barcelone et Madrid tombent, ce petit port andalou lutte pied à pied. Tour de Babel bruissant de toutes les langues d'Europe et d'ailleurs, melting-pot de la résistance, la ville est le point de convergence des anarchistes catalans, des communistes, des socialistes, des syndicalistes castillans. On y croise aussi des déserteurs alllemands et italiens, des Français de l'escadrille Malraux, un Gallois fils de docker, sans oublier des Maghrébins, des Indochinois… Malgré la débâcle annoncée, la vie crépite de toutes parts. Rencontres amoureuses, haines et dissensions politiques éclosent dans la nuit andalouse. Il est urgent de défier l'avenir. On convoque Neruda, Lorca et Homère. On s'insurge contre l'inertie des démocraties, la lâcheté des bourgeoisises européennes.
Entre lyrisme désespéré et trivialité assumée, grands idéaux et mesquineries se côtoient. Virtuose des dialogues polyglottes, David M. Thomas impose sa voix singulière et nous rend familiers «tous ces internationaux […], tous ceux qui ont vécu mille anabases et mille Iliade». Un hommage à l'insoumission obstinée des humbles, à ceux qui ont fait passer la lutte contre les dictatures avant le patriotisme pour empêcher de «mettre le pied franquiste à l'étrier».

11/09/09
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