Du Bellay des temps modernes mâtiné de Thomas Bernhard, Brinkmann écrit là ses Regrets dans une prose dense, malmenée et profondément émouvante.
Par François Reynaud (librairie Lucioles, Vienne), Page des libraires, oct.-nov. 2008
Paru en 1979, soit quatre années après la mort du jeune auteur (né en 1940), Rome, regards peut se définir au hasard comme un carnet de voyage enragé ou comme un trux litéraire éblouissant. Mélange de lettres adressées à sa femme ou à ses amis, de pensées fulgurantes et dévastatrices saisies au vol, de collages photographiques composés, c'est selon, de clichés touristiques et de femmes nues, ce texte est né dans l'esprit passablement secoué d'un écrivain qui rêvait de dynamiter la littérature allemande. En résidence d'écrivains à la Villa Massimo à Rome (principalement pour raisons financières), Brinkmann ressasse à l'envi son désir de ne pas être précisément là où il se trouve. D'octobre 1973 à janvier 1974, il va noircir des centaines de feuillets. Rien ne lui convient de l'Italie et il existe apparemment mille façons de le dire de la même manière
Du Bellay des temps modernes mâtiné de Thomas Bernhard, Brinkmann écrit là ses Regrets dans une prose dense, malmenée et profondément émouvante.
François Reynaud