Jusqu'au pilon
Par Fabrice Piaux, A l'affiche, Livres Hebdo n° 655, 01/09/2006

Est-ce une provoc ? D'où écrit ce quidam qui ose, chez Quidam éditeur, intituler Le Pilon un roman qu'il publie le 16 septembre, parmi les 683 de la rentrée littéraire ? Un jeune écrivain, un inconscient ? Plutôt un polygraphe à l'ego bien trempé. Paul Desalmand a 69 ans. Si Le Pilon est son premier roman, il succède à une bonne cinquantaine d'autres livres.

Lorsque ce diplômé de l'école normale supérieure de Cachan est rentré en France après vingt ans dans l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire, il a préféré écrire des ouvrages parascolaires plutôt que d'enseigner à des élèves démotivés. Il a produit pour Marabout, Nathan ou Hatier, où son best-seller sur la dissertation s'est vendu à 250 000 exemplaires. Puis il s'est lancé dans les essais, d'un Cher Stendhal bien accueilli à Écrire est un miracle (Bérénice, 2003).

Cette fois, il a rédigé l'autobiographie d'un livre, de sa naissance le 17 juin 1983, à 16 h 37 « sur les presses de La Manutention à Mayenne », à sa mort dont on ne dévoilera pas les circonstances. Une « variation sur le pilon » : celui auquel le héros échappe deux fois, mais aussi celui du pharmacien, celui du poulet ou encore celui de l'unijambiste. Mais surtout, un voyage attachant, fourmillant de références, dans la littérature et dans la chaîne du livre, des colis des distributeurs aux tables des libraires.

Nostalgique ? Juste ce qu'il faut. Pour révéler toutes les références et les clés des citations, clins d'œil et allusions de son livre, Paul Desalmand n'hésitera pas à utiliser… un site Internet.