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« On ne parle jamais d'amour. »
Par Cathie Barreau, Encres de Loire, La revue du livre en Pays de la Loire, Eté 2009, n° 48

« On ne parle jamais d'amour. »
La dernière phrase de ce récit, signé d'une auteur mancelle, est celle qui vient à l'esprit du lecteur tout au long du livre. Ecrit avec vigueur, distance, ironie parfois, il laisse cependant poindre un rien de tendresse acerbe pour cette enfance et cette jeunesse qui furent celle de la narratrice. Les phrases construites avec précision, longues parfois et pleinement maîtrisées, donnent au texte un charme ferme et joyeux, n'était l'histoire d'une enfant qu'on a bouleversée dans une vie familiale perturbée dans une période, celle de l'après-guerre des années cinquante et soixante, perturbée aussi.
Il s'agit de savoir maintenant ce que l'on fait de cette jeunesse-là, ce que l'on fait du corps d'un père qui vient de mourir après une vie fantasque, mais aussi des leçons de latin et de l'éducation stricte d'une jeune fille, comme des objets : fauteuil, peigne et tous impossibles trésors laissés.
On a voulu lui cacher le contexte, celui des textes latins, celui de la vie politique, celui de la vie familiale. Mais la narratrice, l'auteur fait un livre qui reconstruit l'ensemble, un livre réussi, vif et qui nous replace dans ces années de guerre d'Algérie, de vie intellectuelle qui prépare 1968 mais aussi d'extrême droite catholique, le tout dans un monde qui change vite : « Vivre au XXe siècle, en somme, c'était comme vivre mille ans. »
Cathie Barreau

28/10/09
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