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J'ai refermé ce recueil quelque peu déconcertée et charmée…
Par Anne-Sophie Demonchy, lalettrine.com, 27 mai 2009

Surtout, ne vous laissez pas avoir par le style quelque peu convenu du premier récit de Grand ménage, de Victoria Horton car le recueil recèle quelques merveilles. Certes, l'écriture peut surprendre par son classicisme, mais elle est d'abord à l'image de ce que la narratrice transmet : les souvenirs d'enfance des années 1950, dans une école religieuse, à repasser les leçons latines, auprès d'une mère ultra-catholique, d'une grand-mère raciste à souhait, et à l'écart d'un père britannique aux antipodes des idées politiques de son ex-épouse.

Les différents récits se croisent mais se lisent de manière autonomes. D'ailleurs, plusieurs d'entre eux ont d'abord été publiés dans la revue Théodore Balmoral avant d'être réunis dans ce recueil, formant au final un ensemble cohérent.

Le livre s'ouvre sur la mort du père. En découvrant cet homme bouffeur de curé, on ne s'attend pas à ce que, dès le chapitre suivant, sa fille soit pensionnaire chez les bonnes sœurs, s'intéresse au seul homme de l'institution, l'aumônier, et rêve de devenir enfant de chœurs.

Grand ménage, malgré son côté nostalgique, est également empli d'humour tendre. La petite fille espiègle fait « des farces » à sa grand-mère, tombe amoureuse d'un jeune Dominicain chez qui elle se rend plusieurs fois par semaine pour confesse, pense qu'elle pourra sortir des contradictions de son héritage familial en s'appropriant la langue latine…
J'ai refermé ce recueil quelque peu déconcertée et charmée… Un sentiment étrange, l'impression de ne pas être parvenue à percer le mystère du livre.

http://www.lalettrine.com/article-31943860-6.html#anchorComment

18/06/09
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