Court mais bon (Koumandarèas, La Femme du métro) Par François Prost 18.01.2011
Une femme qui n'est plus toute jeune, mariée, deux enfants - madame Tout-le-monde-sans-histoire, en somme - fait la connaissance d'un jeune inconnu, étudiant de vingt ans, habitué de la même ligne de métro : une liaison se noue, qui se dénouera tout aussi simplement, juste le temps de permettre à la « femme du métro » d'éprouver, sans doute pour la dernière fois (et aussi bien, peut-on dire, pour la première), la joie du désir et le plaisir d'être désirée, et à travers eux le bonheur fugitif d'échapper à la fossilisation d'un quotidien sans relief et sans saveur, mais auquel on sait, au fond, qu'on n'échappera pas.
Voilà en tout cas un très beau récit (datant de 1975) - plutôt une longue nouvelle qu'un court roman - sans un mot inutile, traduit d'ailleurs avec beaucoup de grâce, et dont la force tient justement à la simplicité et au dépouillement - aussi délicat qu'implacable.