logo quidam
L'insolite,Le singulier.
Des auteurs plutôt
que des livres.


CRITIQUES


Accueil


[Fermer la fenetre]

Johnson ressuscité
Jonathan Coe explore la figure complexe de B.S. Johnson, écrivain expérimental.
AL.F., Livres hebdo, 8 janvier 2010

Londonien né en 1933 et qui s'est donné la mort 40 ans plus tard, B.S. Johnson a marqué les lettres anglaises avec une œuvre inclassable, composée de six romans (plus un inachevé), deux recueils de poèmes, quelques pièces de théâtre et quelques courts-métrages pour la télévision.
Le romancier Jonathan Coe, pour qui il reste un des grands héros littéraires, a passé plus de 7 ans à essayer de démêler les fils de la vie de cet « éléphant fougueux » qui ne faisait pas dans la demi-mesure et ne manquait pas d'orgueil. Un être différent et unique qui aimait le jazz et le football. Un amateur d'expérimentation qui s'était fixé la tâche de « réinventer le roman à chaque nouveau livre qu'il écrivait », persuadé que le roman néo-dickensien était mort, que Joyce et Beckett avaient ouvert de nouvelles voies. Biographe scrupuleux et inventif, Coe commente et interprète l'existence et la bibliographie de son sujet. L'auteur de La Maison du sommeil (Folio) permet au public français de se familiariser avec Travelling People, qui fut le plus gros succès en librairie de Johnson ; Albert Angelo (Quidam éditeur, 2009), portrait d'un architecte dépressif ; Chalut (Quidam éditeur, 2007), long monologue inspiré par un voyage à bord d'un chalutier de pêche hauturière dans la mer de Barents ; R.A.S Infirmière-Chef (Quidam éditeur,2003) qui alterne neuf points de vue sur le même et unique événement ; Christie Malry règle ses comptes (Quidam éditeur, 2003), comédie noire au rythme soutenu ; ou See the Old Lady Decently, publié à titre posthume.
On ne saurait trop conseiller de se procurer également l'édition des Malchanceux
(1) que vient de proposer Quidam. Soit « le roman le plus célèbre (ou le plus décrié) de B.S. Johnson », comme le rappelle Jonathan Coe. Une histoire d'amitié et de football qui compose une « œuvre littéraire étrange, forte, envoûtante » dont, Coe nous l'apprend au passage, la rédaction fut ralentie à cause d'une « couille monstrueusement hypertrophiée ».
AL.F.


(1) B.S. Johnson, Les Malchanceux, Quidam éditeur, traduit de l'anglais par Françoise Marel, 32 euros, ISBN : 978-2-915018-39-4.

25/01/10
Web design by P.Tzara